Bruxelles Dans la zone de police Ouest, six victimes de vols avec violence sur dix sont des femmes.

Il y a trois semaines, une octogénaire a été la victime d’un vol avec violence dans l’avenue Marie de Hongrie, à Ganshoren. Tabassée par ses agresseurs qui en avaient après son collier, la dame a été retrouvée en sang sur le trottoir. Un fait divers qui a particulièrement interpellé Stéphane Obeid (MR), conseiller communal et de police à Ganshoren. Ce dernier a interrogé l’actuel président du collège de police de la zone Ouest (Molenbeek, Jette, Ganshoren, Koekelberg, Berchem) pour savoir s’il existe des groupes cibles en matière de vols avec violence.

Il ressort des statistiques fournies par la zone de police Ouest que certains groupes de citoyens sont, en effet, davantage ciblés par les auteurs de vols avec violence. Ainsi, six victimes sur dix étaient des femmes en 2016. Dans une grande partie des cas, celles-ci sont âgées d’au moins une cinquantaine d’années (45 %) mais celles qui ont entre 20 et 29 ans sont également des cibles privilégiées par les malfrats (17 %). Les tranches d’âges les plus concernées par les vols avec violence diffèrent complètement chez les hommes : près d’un tiers (30 %) des victimes sont des mineurs !

"Sans surprise, ces statistiques confirment qu’il existe des groupes cibles. Les criminels identifient préalablement les personnes les plus vulnérables", commente Stéphane Obeid qui plaide pour que les cellules de prévention des communes se servent de ces statistiques pour mener des actions de sensibilisation très ciblées.

Le libéral estime par exemple qu’il serait possible de signaler aux jeunes hommes de moins de 18 ans qu’ils représentent une cible pour les auteurs de vols avec violence. "La volonté n’est pas d’inquiéter mais de rappeler les comportements à éviter. Il faut notamment être attentif à l’effet de démonstration. Un adolescent peut être tenté de montrer qu’il possède un smartphone dernier cri. Or, il vaut mieux être assez prudent quant à son usage sur la voie publique, en ayant recours à une oreillette par exemple", explique Stéphane Obeid.

Pour ce qui est des personnes âgées, le jeune mandataire préconise l’extension du système Télé Secours. Actuellement, les personnes abonnées à ce dispositif peuvent appeler à l’aide grâce à un boîtier en cas de chute ou de malaise. "Le principe pourrait être étendu aux agressions. Et d’un point de vue technique, il faudrait que cela fonctionne en dehors du domicile avec un système de géolocalisation."

De façon plus générale , notre interlocuteur plaide pour que le transfert de données entre les zones de police et les services de prévention locaux soit systématisé. "Ces statistiques permettraient aux services de prévention d’identifier les groupes sur lesquels travailler en priorité. Ensuite, les politiques menées seraient évaluées grâce à ces mêmes statistiques", soutient Stéphane Obeid.