Centre

Six braquages ont été commis en trois mois par ces malfrats récidivistes

Le gang “à la Fiat 500” comparaissait ce lundi devant le tribunal correctionnel de Mons. Au menu ? Une multitude de vols avec violence commis dans la région du centre entre juin et août 2017. Sur les trois prévenus, deux sont détenus et un bénéfice d’une libération conditionnelle. Écrire qu’ils connaissent bien les tribunaux du pays est un euphémisme. Et pour cause, les trois ont déjà purgé quelques peines de réclusion pour des faits similaires.

Deux prévenus, Serge Van Elder (45 ans) et Hichame Oukhaiza (43 ans), comparaissent, à des degrés divers, pour ces braquages, ces vols à l’arraché, ces fraudes perpétrés avec diverses circonstances aggravantes comme la vulnérabilité des victimes (trois sont âgées de plus de 70 ans), à l’aide d’une arme et d’un véhicule, la Fiat 500 de Serge. Les deux hommes se connaissent bien, ils se sont rencontrés en prison et s’en sont évadés, ensemble, durant un temps. Pour ces faits, ils ont écopé de quatre ans ferme.

Donc, avec ces récidives, ce énième passage devant la justice risque de leur coûter très cher. Le ministère public a réclamé 20 ans de prison contre Serge, qui a commis la majorité des braquages et qui est en aveux. Quinze ans de mise à disposition du tribunal d’application des peines ont aussi été réclamés pour “protéger la société”.

À sa défense, M e Puccini a reconnu que le dossier était “loin d’être facile” mais que son client avait collaboré à l’enquête et que ses addictions à la cocaïne et à l’héroïne l’avaient replongé dans ses travers. “Il a été réinséré durant 18 mois, dès sa sortie de prison ! Il avait un appartement, une voiture et un travail. L’élément déclencheur de sa descente aux enfers est lorsqu’il a retrouvé son compagnon de travail pendu dans une armoire… Mais il y a quand même de l’espoir, avec une famille qui le soutien et un suivi psychologique.” Lui infliger la moitié de la peine requise serait, selon la défense, plus juste et plus raisonnable.

Son principal complice, rencontré en prison, nie tout en bloc, y compris lorsqu’il est confronté aux images des caméras. Sa liberté conditionnelle pourrait en effet lui être retirée. Le ministère public a requis 7 ans de prison. Lui réclame son acquittement, pur et simple. Enfin pour le 3e co-prévenus (31 ans), qui n’est pas non plus un enfant de cœur, le ministère public a réclamé quatre ans de prison ferme. Il n’est poursuivi que pour un seul braquage, pour lequel il est en aveux. Il a sollicité “un premier et dernier” sursis probatoire. Jugement dans trois semaines.

De lourdes peines

“C’est un dossier crapuleux”, pointait en audience le substitut Moinil, estimant que la justice avait déjà suffisamment tendu la main aux prévenus aux cours des dernières années. “La multitude des faits prouve la lâcheté et le manque d’empathie des prévenus. Et à chaque sortie, ils ont recommencé. Huit à neuf fois libérés et ils ont recommencé avec les mêmes faits !” Des braquages mais aussi des vols à l’arraché où finalement les butins étaient bien maigres.“Une dame de 73 ans n’ose même plus sortir de chez elle !”, s’exclamait le substitut Moinil. “Les dommages moraux, les chocs psychologiques sont énormes. Je n’ai jamais constaté aussi peu d’humanité dans un dossier. Rien aujourd’hui ne justifierait qu’on laisse un espoir, une fenêtre ouverte à ces prévenus.”