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Plusieurs travailleurs en âge d'être pensionnés ne seront pas remplacés

C’est l’ascenseur émotionnel pour les très nombreux travailleurs occupés sur le site de Total, à Feluy. Alors qu’il y a quelques jours, le groupe annonçait son intention d’investir quelque 45 millions d’euros sur le site afin de construire trois nouvelles infrastructures, l’emploi devrait être impacté. En réalité, la fermeture d’une vieille unité de fabrication de polypropylène de commodités à l’horizon 2021 entrainera la perte de 71 emplois.

La direction n’envisage aucun licenciement sec, la réduction des effectifs pouvant être échelonnée jusqu’en 2025. « La mauvaise nouvelle a été annoncée ce mercredi 13 juin lors d’un conseil d’entreprise extraordinaire. Profitant de l’annonce de l’arrêt d’une unité et de la fermeture définitive d’une autre, déjà à l’arrêt depuis près de trois ans, la direction a annoncé la suppression de 71 emplois au 1er janvier 2021 », communique Yves Lambot, secrétaire permanent CNE.

« Il s’agit de départs naturels donc il n’y aura pas de plan Renault. Les personnes qui partent à la retraite ne seront pas remplacées. Mais il y a aujourd’hui une réelle inquiétude dans le chef des travailleurs qui resteront sur le site puisque certaines mutations pourraient être nécessaires. Que se passera-t-il s’ils sont contraints de changer de service sans avoir les qualifications requises ? Ils ne savent pas vers quoi ils vont, d’où leurs craintes. »

Réuni en assemblée générale ce vendredi 15 juin, le personnel a rejeté le projet d’organisation de la direction, qu’il juge « sans vision industrielle et purement financier ». Ce lundi après-midi, la direction a annoncé qu'elle acceptait de rediscuter avec les travailleurs, ce qui laisse espérer que le dialogue soit constructif. « Ce projet de réorganisation a fait passer au second plan les différents investissements, d’une valeur de 45 millions d’euros, qui permettront au site de se maintenir au premier plan des entreprises de polymères en Europe. »

Cet investissement viendra s’ajouter aux 15 millions que Total affecte déjà chaque année pour divers postes (sécurité, maintenance,…) et doit permettre l’installation d’une nouvelle unité de production de polypropylène, la construction d’un atelier de fabrication de catalyseurs et, enfin, d’une unité de recyclage de polystyrène. Sept emplois seront créés.