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Passionné, un ouvrier communal s'est spécialisé dans ce service

L'été 2018 n'a pas encore dit son dernier mot, mais nous pouvons déjà assurer sans prendre de risque qu'il restera marqué dans les mémoires par la chaleur et les guêpes. Les deux phénomènes sont d'ailleurs intimement liés. Profitant du soleil et du manque de pluie, l'hyménoptère a envahi la nature avec une remarquable vigueur. Si bien que les pompiers sont débordés par les demandes d'intervention.

En passant par la zone de secours Hainaut Centre, il faut compter 78,03 euros pour l'élimination d'un nid. Mais l'attente peut parfois être longue tant les demandes sont nombreuses. Certains préfèrent dès lors se tourner vers des entreprises privées où la facture peut parfois doubler. Mais à Estinnes, c'est la commune qui intervient. Et gratuitement. Les pompiers sont tellement débordés que dorénavant, ils renvoient les Estinnois vers leur commune.

"Nous avons la chance d'avoir un ouvrier communal qui s'est spécialisé dans ce service", indique la bourgmestre Aurore Tourneur. "Il fait ça très bien et nous sommes très heureux de pouvoir offrir ce service supplémentaire aux citoyens."

Cet ouvrier, c'est Fabien Denoeufbourg. Officiellement fossoyeur, l'Estinnois passe son été à décimer les guêpes. "Sur trois semaines, j'ai traité 200 nids. Essentiellement des guêpes, mais aussi quelques frelons. Ça nous fait une douzaine d'interventions par jour", relève Fabien Denoeufbourg. "Je n'en avais jamais eu autant. C'est bien simple, je ne fais plus que ça. Heureusement que je peux m'arranger avec mon collègue pour prendre en charge le travail que je fais habituellement."

Voilà une dizaine d'années que Fabien Denoeufbourg s'occupe des guêpes à Estinnes. "L'ancien responsable des Travaux m'avait un jour montré comment faire. Depuis, je n'ai plus arrêté", confie le cauchemar des guêpes. "Il faut mettre une protection pour ne pas se faire piquer, car ce n'est jamais agréable. Je mets un pantalon en plastique que les dards ne peuvent pas percer, ma combinaison d'apiculture et ma petite bouteille de produit. C'est largement assez. Après il faut aussi être prudent, quand on est en haut de l'échelle ou bien là où on met les pieds quand les nids sont dans le sol. Généralement, le plus dur est d'accéder à des nids mal situés."

Malgré toutes ces précautions, Fabien Denoeufbourg s'est fait piquer 44 fois en une dizaine d'années. Pas de quoi effrayer l'Estinnois pour autant. "Je me dis que maintenant, je suis immunisé", conclut l'ouvrier communal avec le sourire.