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Une peine supplémentaire de 15 ans en vue de protéger la société a également été réclamée

"Quel gâchis," entamait ce jeudi matin l’avocat général De Brackeleer au procès de Cédric Maton (33 ans), reconnu coupable du massacre de l’étudiante Binchoise de 22 ans sur le parking désert du hall des expositions de Mons, le 22 avril 2017. L’avocat général a réclamé la peine maximale à savoir la réclusion à perpétuité et une mise à disposition du tribunal d’application des peines de 15 ans. Selon lui, aucune circonstance atténuante ne peut jouer en faveur de Cédric Maton. Ni sa faiblesse intellectuelle, ni sa personnalité, ni le lieu et le moment où ont été commis les crimes.

"Cédric Maton est responsable de ses actes. Intellectuellement, il est un peu limite mais sa responsabilité, disent les experts, n’est pas atténuée. Il ne présente aucun trouble de sa pensée malgré une faiblesse intellectuelle. Il est impulsif, il l’a démontré dans les actes posés. Cette impulsivité le rend dangereux, il présente des difficultés à planifier à l’avance et une responsabilisation peu assumée. Il sait lorsqu’il transgresse la ligne blanche, il différencie le bien du mal."

Il ajoute : "Dès qu’il désire quelque chose, il le veut tout de suite. Il est réaliste quant à un profit matériel. Il présente des traits antisociaux, il ne sait pas se conformer à nos règles sociales. Il apparait peu fiable en ce qui concerne des engagements qu’il peut prendre. Il a peut-être fréquenté des gens infréquentables qui l’ont fait tomber dans ce fléau mais il n’a pas été un enfant abandonné. C’est lui qui se met dans des conditions de vie problématiques. Il n’admet pas l’autorité, il veut poursuivre dans la recherche de son plaisir premier. Il a été décrit comme une personne violence. Lorsqu’il est contrarié, il commence à frapper. Il n’a tiré aucun enseignement de ce qui a pu lui être enseigné, ni du soutien apporté à son entourage."

En outre, le risque de récidive est estimé « très élevé » par l’avocat général. "Son passage à l’acte est facile, il recherche en premier sa satisfaction et il ne tient pas compte des rappels à l’ordre. Je n’ai pas entendu beaucoup de remords et de regrets. Je ne voudrais pas qu’une deuxième Laeticia Bauwens le ramène au tribunal…"