Centre Anthony reconnaît des fessées, mais nie les traitements dégradants.

Le 9 décembre 2015, Adriano devait décorer le sapin avec son petit frère Matthew et ses parents. Mais du haut de ses 8 ans, le petit garçon a préféré fuguer, ce qui n’a que peu inquiété sa mère qui a appelé la police avant de se rendre chez la manucure…

Lorsque les policiers l’ont retrouvé errant dans les rues de Binche, Adriano présentait des hématomes à la pommette et à l’oreille. "C’est Anthony, mon beau-papa, qui me donne des tartes", a-t-il expliqué aux enquêteurs. "Il me frappe tout le temps quand je fais mal mes devoirs. Il me met aussi tout nu dans la baignoire et me donne des douches froides."

Évidemment, les forces de l’ordre ont entendu ledit beau-père qui a reconnu être parfois dépassé par les événements dans ce foyer où les enfants hurlent à tout bout de champ, sans que leur mère puisse leur faire entendre raison. "J’ai donné des fessées à Adriano, mais je ne l’ai jamais touché au visage. Idem pour les douches : je lui ai parfois rafraîchi le corps, mais ça ne durait jamais longtemps", a déclaré le prévenu poursuivi pour coups et blessures et traitements dégradants sur les deux gamins.

Car lors des déclarations, Adriano a également impliqué son frère cadet qui, lui aussi, aurait subi ces punitions corporelles. "Il y a des familles au sein desquelles il fait bon vivre et d’autres comme celles-là", a riposté Me Mohymont, tuteur ad hoc des enfants. "Les claques et les douches froides, c’était au quotidien. Adriano était sans doute difficile, mais est-ce que ce comportement violent était une façon de l’éduquer ? Non, évidemment."

Le parquet a embrayé sur le même ton, rappelant que ces bambins avaient en outre été élevés dans un climat délétère, par une mère abandonnique qui faisait défiler les beaux-pères. "Peut-être qu’Adriano était turbulent, vu le contexte. Mais ce n’est pas une raison pour agir de la sorte", a lancé la magistrate qui requiert 18 mois de prison, avec un sursis probatoire.

Me Detourbes , conseil d’Anthony, a plaidé l’acquittement pour les coups sur le cadet et les traitements dégradants. "Il est arrivé dans une maison où il n’y avait pas de règles. Lui, il a reçu une éducation sévère et, à cette époque, les parents n’étaient pas poursuivis pour une gifle. Il n’y a aucune preuve de répétition des faits. Les bleus ? À 8 ans, un gosse, ça court, ça tombe, ça se bat dans la cour de récré", a déclaré l’avocate qui, au bout du compte, a sollicité la suspension du prononcé.