Centre

Les habitants de la rue s'unissent pour protester contre la qualité des travaux

L'année dernière, nous écrivions que le chantier de la rue d'Écaussinnes était rentré dans la quatrième dimension. À l'époque, les travaux étaient à l'arrêt depuis 15 mois. La simple rénovation prévue avait fait apparaître des problèmes d'égouttage. Les riverains auront dû attendre qu'un micmac administratif entre la Ville, le SPW et la SPGE soit résolu pour que les travaux puissent enfin commencer. Et cette situation faisait déjà suite à un précédent rocambolesque : se désolant de ne pas voir la Région wallonne intervenir sur cette route dégradée, l'ancien bourgmestre Jean-Jacques Flahaux avait menacé en son temps de fermer la voirie pour raisons de sécurité.

Des années plus tard, le bout du tunnel se profile. Mais la situation est toujours aussi surréaliste pour les riverains qui déplorent la qualité des finitions. L'un d'entre eux nous propose une brève visite guidée. "Les trottoirs ont été rehaussés au niveau des soupiraux. Certains ont de l'eau dans leur cave alors que ce n'était jamais arrivé avant", soupire Pierre Dusausoy. "Ces trottoirs sont par ailleurs dénivelés. Nous avons déjà eu deux chevilles tordues. Les taques sont disposées n'importe comment. Le tarmac est complètement perméable et promet des problèmes d'humidité. Nous avons aussi des coups dans les façades et des marches d'escalier cassées… On peut avoir l'un ou l'autre incident sur un chantier. Mais là, c'est toute la rue qui est comme ça."

Les riverains ont donc décidé de se mobiliser. Ils ont créé un groupe sur Facebook et ont improvisé une petite réunion de quartier samedi matin. Signe du mécontentement général, l'événement annoncé la veille avait rassemblé une bonne cinquantaine de personnes. Des formulaires y étaient distribués. Chacun est invité à y coucher ses griefs et ses interrogations.

"À chaque fois que nous avons interpelé un responsable sur le chantier, on nous a remballé ou alors on nous a dit que c'était un problème isolé", lance l'un des organisateurs. "C'est pour cela que nous devons nous unir. Des problèmes, nous en aurons encore. Mais nous avons un pouvoir, celui de rouspéter. Si nous rouspétons ensemble, cela aura plus de poids." Acquiescement général. "L'union fait la force", confirme une riveraine dans l'assistance.

Au-delà des dégâts matériels, les commerçants de la rue en chantier depuis deux ans doivent aussi composer avec une baisse du chiffre d'affaires. Échevin des Travaux, André-Paul Coppens fait partie de ceux-là, il tient une agence de voyages à la rue d'Écaussinnes. Samedi matin, il était présent à la réunion de quartier. "Je joue les intermédiaires entre les citoyens et l'administration wallonne qui est responsable du chantier", explique l'échevin. "La prochaine étape, c'est de collecter toutes les questions des riverains pour montrer que ce ne sont pas des problèmes isolés. Ensuite, il faudra demander un rendez-vous chez le bourgmestre avec des responsables du SPW pour obtenir des réponses aux questions."