Centre Antoine Ruellens s’est fait escroquer par son banquier. L’instruction reste en cours.

Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir. Et Antoine Ruellens garde cette lueur. Voilà pourtant plus de trois ans que cet habitant de Chapelle-lez-Herlaimont a appris que son banquier avait disparu avec le placement de 5.000 euros qu’il lui avait confié. Et ce n’est pas la seule victime…

En janvier 2015, Jacques Castelain, gérant d’une agence record à Chapelle, prenait la poudre d’escampette. Soupçonné d’avoir monté une pyramide de Ponzi, le banquier aurait emporté un butin dépassant les cinq millions d’euros.

Une cinquantaine de clients lésés se sont constitué partie civile et ont déposé plainte. "Nous n’avons plus aucune nouvelle", soupire Antoine Ruellens. "Nous avions été entendus par la police judiciaire, puis plus rien. Aucun signe de notre avocat non plus."

Du côté du parquet de Charleroi, on nous indique sobrement que l’instruction est toujours en cours. Si le temps semble si long pour les victimes, c’est que le dossier est délicat à plus d’un titre. Dans un courrier qu’il nous avait adressé en mai 2015, Jacques Castelain chargeait un ancien collaborateur qui a depuis été arrêté pour escroquerie. Le Chapellois indiquait également avoir avisé la justice d’une fraude plus vaste impliquant des commissions non déclarées au Luxembourg.

Enfin, Castelain n’a pas choisi la destination de sa retraite anticipée au hasard. Il aurait trouvé refuge en République dominicaine, d’où il ne peut être extradé.

Mais pour Antoine Ruellens, l’affaire n’est pas pliée pour autant. "Nous avions appris que Castelain effectuait régulièrement des voyages vers les États-Unis. La police pourrait saisir l’occasion pour l’attraper", espère la victime. "Malheureusement, la justice n’est pas connue pour sa rapidité."

Antoine Ruellens prend son mal en patience, sans perdre espoir. "Record Bank n’existe plus, mais ça dépend toujours d’ING. Dans ses publicités, l’agence disait qu’il fallait faire confiance au gérant. C’est ce que nous avons fait. Nous devrions donc pouvoir récupérer nos billes, même si Jacques Castelain n’est pas arrêté. Les clients qui avaient fait un virement ont déjà pu être indemnisés. Pour les autres qui, comme moi, avaient fait un retrait contre un reçu, c’est plus compliqué. Mais j’ai tous les papiers et j’attends. Ça commence tout de même à faire long. Je ne sais pas si c’est moi ou mes enfants qui toucheront un jour cet argent."