Centre

Le couple avait menacé par téléphone un délégué syndical

Suite mais probablement pas fin des discordes qui animent la CNE et l’hôpital Tivoli depuis le licenciement en mars dernier d’une employée de la Société des médecins, qui représente le corps médical de l’hôpital. Si le syndicat dénonce le harcèlement sexuel dont cette dernière aurait été victime, la direction justifie toujours ce licenciement par son refus à exercer de nouvelles tâches.

C’est en tout cas ce qui a été réaffirmé lors d’une assemblée générale extraordinaire organisée par la direction du CHU ce jeudi soir. Cette dernière souhaitait faire le point sur les derniers événements qui ont secoué l’institution, et ce, même si jusqu’ici, elle avait "préféré ne pas répondre aux différentes communications de la CNE."

Il faut dire qu’au sein du personnel les questions étaient nombreuses. À commencer par le licenciement d’André Le Maire, directeur des ressources humaines du Tivoli, et de sa compagne. Infirmière au sein du CHU, cette dernière avait contacté l’un de ses collègues, délégué syndical, et lui avait laissé un message vocal chargé de menaces.

"La direction a, cette semaine, posé des actes forts eu égard à des comportements et propos déplacés de certains membres du personnel et de sa direction et à la rupture de confiance que ceux-ci ont entraînée", communique la direction au personnel, insistant sur le fait "qu’il n’existe pas de lien de causalité" entre ces licenciements et les faits dénoncés par la CNE.

Le syndicat évoque de son côté un manque de cohérence dans cette communication. "Nous nous étonnons du manque de clarté de la part de la direction concernant ce double licenciement qui, d’après elle, n’aurait aucun lien de causalité avec l’affaire de harcèlement sexuel qui secoue la CHU Tivoli depuis plusieurs semaines. Outre cette totale incohérence, ce double licenciement ne répond absolument pas aux demandes de la CNE."

Et de poursuivre : "Depuis le départ, nous dénonçons les comportements de harcèlement moral et sexuel d’un membre du CHU Tivoli à l’égard de plusieurs personnes au sein de l’hôpital, face auxquels la direction n’a jamais pris de mesure adéquate. Le licenciement du DRH et de sa compagne n’apporte aucune solution à ce problème de fond." Rappelons que la CNE a porté le dossier en justice et que le CHU a, de son côté, déposé plainte pour propos mensongers et diffamatoires.


Deux versions bien différentes

CNE et CHU ne s’accordent sur aucun point, ou presque, dans leur communication. Alors que la direction de Tivoli évoque le refus de la secrétaire du conseil médical d’assumer, deux fois par mois, le secrétariat du comité paritaire de gestion pour justifier son licenciement et estime avoir été victime de chantage de la part du syndicat, ce dernier met en avant une autre version. "La défense de la direction repose sur le fait que l’employée a refusé le travail qu’on lui demandait. Or, dès les premières rencontres avec les personnes responsables, j’ai évoqué des comportements inappropriés à son encontre et insisté sur l’impossibilité pour cette employée de continuer à travailler dans cet environnement si rien n’était fait, insiste Julie Coumont, de la CNE. J’ai aussi évoqué la situation avec la direction en février et en mars. Ce qui n’a pas permis d’éviter son licenciement." Pour Julie Coumont, la direction n’a pas joué son rôle. Pour cette dernière, le syndicat intervient à des fins électoralistes. Bref, le dialogue semble plus difficile que jamais.