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Le vote d'une motion pour interdire le parti n'a pas fait l'unanimité

Conseiller de la majorité Braine, Henri-Jean André ne s'attendait pas à provoquer de tels débats en déposant une motion visant à interdire le parti Islam. Concrètement, le mouvement islamiste qui fait polémique n'est pas annoncé dans la Cité de Baudouin IV pour le scrutin d'octobre. Et son interdiction pure et simple, si elle est envisageable, nécessiterait une modification de la Constitution. Pas pour demain, donc. Mais Braine souhaite, par les pouvoirs de son bourgmestre, empêcher les rassemblements du parti Islam.

La motion a été suivie par le partenaire socialiste de la majorité. Toutefois, l'échevin Olivier Fievez a souhaité faire amender le texte, afin que l'interdiction ne vise pas uniquement le parti Islam, mais, de manière générale, tous les partis antidémocratiques et liberticides, ceux qui portent atteinte aux valeurs fondamentales de notre Constitution.

Du côté de l'opposition par contre, les réserves étaient de mise. Les Intérêts Communaux et Ecolo se sont ainsi abstenus de voter le texte. "Soyons clairs, nous sommes totalement opposés aux idées du parti Islam comme à toutes les idées liberticides et nous rejoignons les objectifs de la motion", avertit Pierre-André Damas (IC). "Mais nous sommes aussi contre l'idée de permettre au bourgmestre d'interdire un rassemblement tant qu'il n'est pas prouvé qu'il y a un trouble à l'ordre public."

Ainsi, pour l'humaniste, la motion pourrait ouvrir la porte à des dérives en permettant de faire taire n'importe quel groupe dont les idées ne sont pas acceptées. "Ça fait partie de la démocratie. Des idées, même loufoques, peuvent être exprimées. C'est à nous d'y répondre, avec les outils de la démocratie."

Une position que rejoint Ecolo. Les Verts rejettent tout autant le programme du parti Islam, et craignent eux aussi une dérive autoritaire. D'autant plus qu'aucun débarquement de militants du parti polémique n'est annoncé à Braine. "Il n'y a pas lieu de faire d'amalgame entre la situation bruxelloise et la réalité multiculturelle de notre ville, et ne surtout pas verser dans le populisme antimusulman alors que la majorité affirmait que Braine était une commune hospitalière il y a quelques semaines seulement", ajoute Martine Gaeremynck, conseillère Ecolo.

Alors que les débats s'enflammaient lors du conseil, le bourgmestre Maxime Daye a invité à prendre un peu de hauteur, soulignant que tous étaient d'accord pour combattre les actions de tout groupement qui va à l'encontre de nos libertés fondamentales. Le bourgmestre a en outre ajouté que sur le terrain, le Plan de Cohésion sociale et le Centre culturel luttaient déjà contre cette forme de radicalisme. Il pourra désormais compter également sur cette motion polémique qui a été approuvée par la majorité, l'opposition s'étant abstenue.