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Le début de mandature avait été marqué par la nécessité d'assainir les finances communales

Le début de mandature n'aura pas été de tout repos pour Bénédicte Poll et ses échevins. En 2014, le conseil communal décidait de placer la commune sous la tutelle du Centre Régional d'Aide aux Communes (CRAC). Une décision bien nécessaire puisque les finances communales étaient dans le rouge suite au remboursement de quelque dix millions d'euros à l'usine BASF. Depuis, les comptes sont redevenus positifs mais la vigilance reste de mise pour ne plus connaître pareille situation. Comment trouver l'équilibre entre gestion financière et mise sur pied de projets ? C'est la question posée par la DH aux chefs de file de Seneffe dans le cadre de sa thématique « Un jour, une commune. »

Pour Bénédicte Poll (Liste de la Bourgmestre), bourgmestre sortante, les erreurs du passé ont été assumées. « Financièrement, la situation à l'exercice propre n'est plus problématique, nous maintenons le rythme, nous faisons des provisions et parvenons à garder une marge de manœuvre pour des investissements. La vigilance reste de mise mais l'exercice n'est pas réellement difficile : nous veuillons à ne pas augmenter les frais de personnel et de fonctionnement, nous n'engageons pas de dépenses inconsidérées et n'investissons que lorsque nous avons des certitudes financières. »

Pour Gaëtan De Laever (AC+), actuel partenaire de majorité, la mise sous CRAC était la décision à prendre. « En six ans, nous sommes parvenus à remettre la maison debout, à revenir en boni et à dégager des réserves pour l'avenir. Nous tournons donc à plein régime même si nous restons prudents. Sortir de cette tutelle n'est en tout cas pas un objectif en tant que tel puisque le collège parvient toujours à préparer une série de projets. »

Le son de cloche diffère quelque peu du côté du PS, qui se montre plus critique. « Je commencerai par dire que je n'ai pas vu de projets se développer durant ces six dernières années ! Les projets qui ont abouti, comme la ZAC ou l'école d'Arquennes ont été initiés durant la mandature de Philippe Busquin (PS) », insiste Michaël Carpin. Concernant le CRAC, le socialiste a également son avis sur la question.

« Il faut négocier au plus vite avec la Région wallonne afin d'en sortir, même partiellement, et retrouver un pouvoir d'investissement. Des partenariats publics-privés peuvent aussi être envisagés et il faudra aller chercher des subsides partout. Il faudra encore être prudent concernant les plaintes en cours concernant des fausses factures et le licenciement contesté du directeur général. »

Enfin, pour les Ecolo, qui n'étaient pas représentés sous cette mandature, l'équilibre entre bonne gestion financière et projets est possible. « Il faut continue à investir mais il faut le faire intelligemment et garder des réserves en cas de pépin », précise Manel Rico Grao. Ce dernier ajoute encore qu'il faut penser à long terme et que le taux actuel d'imposition peut être maintenu.