Centre Le ministre wallon de l'industrie fait le point sur la situation de la gobeleterie.

L'usine Durobor de Soignies est au bord d'une nouvelle crise très grave. Un plan d'investissement à hauteur de 16 millions d'euros a récemment été planifié. La SOGEPA, bras financier de la Wallonie, a donné son feu vert afin d'injecter 4 milllions d'euros, tout comme le patron de l'usine Herman Green via son sa société. Le sort de l’usine reste cependant incertain. La banque sollicitée pour octroyer les 8,5 millions d'euros encore nécessaires pour les équipements des trois nouvelles lignes de production, et de deux millions d’euros pour le fonds de roulement, se montre réticente, notamment sur la base du climat social au sein de l’entreprise.

Le député sonégien Patrick Prévot (PS) a interpellé à ce propos le ministre wallon de l'industrie, Pierre-Yves Jeholet (MR). "Si ce fameux financement bancaire n'aboutit pas, les craintes sont réelles quant à une éventuelle faillite de la société", commente le député. "On parle encore de 150 familles plongées dans cette incertitude et suspendues à la décision de cet organisme bancaire."

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"Il est attendu de recevoir la décision finale de la banque avant fin 2018"

Pierre-Yves Jeholet ne se montre pas rassurant. "La situation de Durobor est compliquée", admet-il. "On mesure aussi la situation difficile sur le terrain et parmi les travailleurs. La situation de trésorerie est aujourd'hui critique. Les actionnaires privés et publics continuent à croire dans le projet – c'est un élément important – et ont confirmé leur soutien financier sous réserve d'un accord global comprenant des financements bancaires essentiels pour pouvoir réaliser les investissements prévus. Il est attendu de recevoir la décision finale de la banque avant fin 2018."

Si le prêt bancaire est si difficilement accordé, c'est à cause du récent passé de l'usine. "Parmi les éléments malheureux observés, depuis la mission déléguée attribuée par le Gouvernement à la SOGEPA en juin 2017, relevons l'incendie d'un four, en décembre 2017 – cela n'a rien fait pour arranger les choses – et un climat social qui reste difficile et qui a notamment conduit à une grève importante, en janvier 2018", poursuit le ministre. "En outre, ces éléments et le retard dans le projet de nouvelle usine ont amené la banque à réévaluer le dossier de financement."

Une seule chose est certaine pour le moment : la Wallonie soutient toujours la gobeleterie. "Tous les engagements pris par le Gouvernement wallon continuent d'être respectés. La SOGEPA consacre beaucoup de son temps et de son énergie à ce dossier important et compliqué. Je pense que les différentes personnes de notre outil économique et financier, qu'est la SOGEPA, ne ménagent pas leur peine dans ce dossier dont j'espère une issue favorable d'ici la fin de l'année, notamment par rapport au soutien financier des banques."

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