Centre À l’inverse de l’église du Sacré-Coeur, le Royal était absent de la campagne

L’église du Sacré-Coeur aura animé les débats à Ecaussinnes durant la campagne électorale. Le bâtiment tombait en ruine. Il a finalement été racheté par la commune. Mais pour en faire quoi ? Chaque parti y est allé de sa petite idée au cours de la campagne.

En revanche, un autre lieu emblématique de la Cité de l’Amour reste menacé, sans véritablement défrayer la chronique des programmes électoraux. Le Royal a fermé ses portes en 2014. Il abrite toujours sur ses murs des fresques du peintre Henri Lejeune, "le Michel-Ange des Scaussinous", selon les termes de Julos Beaucarne.

Aujourd’hui, le bâtiment appartient toujours à des particuliers, les enfants des historiques tenanciers du Royal. Le collège communal avait introduit l’an dernier un dossier pour inscrire le Royal sur la liste de sauvegarde du patrimoine. Mais la demande a été rejetée par la commission wallonne. Théoriquement, n’importe qui pourrait aujourd’hui racheter le bâtiment mis en vente et faire disparaître ce qui fut un haut-lieu de la culture dans la Cité de l’Amour. Le politique serait-il prêt à intervenir pour éviter ce scénario catastrophe ? "Idéalement, il faudrait qu’un parti obtienne le classement au patrimoine et les subsides qui vont avec", estime Claire Delmotte, copropriétaire des lieux. "Nous pourrions vendre le bâtiment à la commune qui en ferait à nouveau un espace socio-culturel."

Pour Ensemble et ACE, le refus de la commission du Patrimoine limite les possibilités. "Dans son rapport, la commission estime que le bien présente un intérêt très local et ne semble pas menacer de destruction", indique Sébastien Deschamps d’Ensemble. "Les propriétaires ont mis le bien en vente. Les possibilités sont limitées pour la commune." Même son de cloche chez ACE. "Inutile de supputer sur le bien d’autrui. De plus, gérer les finances de façon rigoureuse pour ne pas augmenter les impôts reste notre priorité", relève Christine Hemberg.

Dans la majorité, on peut encore y croire. Mais sous certaines conditions. "La défense du patrimoine nous tient à cœur évidemment", rappelle Fabien Palmans. "L’idée d’un partenariat public-privé pourrait être étudiée en étant conscient que ce n’est pas toujours la solution miracle. Il y a parfois des coûts cachés." Pour Ecolo, le Royal pourrait offrir une opportunité comme espace socio-culturel. "Ce dossier devra clairement être au cœur de l’attention sous la prochaine mandature, mais il y a toute une série de questions à lever avant de pouvoir se positionner", estime Arnaud Guérard. Enfin, Vivre Ecaussinnes n’abandonne pas l’idée de la sauvegarde. "Nous n’avons pas été convaincus par le refus de la commission du patrimoine", pointe le bourgmestre Xavier Dupont. Nous allons sans doute tenter d’introduire une nouvelle demande en consultant la fille d’Henri Lejeune pour apporter d’éventuels nouveaux éléments."


© D.R.

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