Centre L’auteure de ces intimidations n’est autre que la compagne du DRH du CHU Tivoli.

Mercredi, par voie de communiqué, la CNE s’indignait du licenciement d’une travailleuse de la Société des médecins de Tivoli qui aurait, selon ses dires, fait l’objet de harcèlement moral et sexuel avant d’être licenciée avec des indemnités de rupture. Le dialogue étant apparemment difficile, le syndicat avait annoncé son intention de porter le dossier en justice.

Depuis, les tensions seraient plus vives que jamais. "Les faits que nous dénonçons sont déjà particulièrement graves. Mais à cela s’ajoutent des menaces, des intimidations envers nos affiliés, déplore Julie Coumont, permanente. L’un de nos délégués a pris connaissance d’un message vocal laissé sur son numéro par l’une de ses collègues, par ailleurs compagne du directeur des ressources humaines."

Dans ce message dont nous avons pu prendre connaissance, on peut notamment entendre : "Franchement, je pense que vous allez droit dans le mur, c’est largement exagéré […] Il est très gentil, patient, très tolérant mais une fois que l’on marche sur ses pieds… Vous allez déguster. Vous avez intérêt à vous tenir à carreau. C’est vraiment un conseil entre collègues car ça va très mal se passer […] Vous êtes en train de mettre la maison en péril et demain, tu seras mis à la porte. Ce n’est pas compliqué, donc fais bien attention à ce que tu fais."

Des propos qui passent évidemment mal. "Au début, je pense que c’est un message entre collègues mais rapidement, ça a tourné à la menace" , souligne Gabriel Lemaire, le délégué à qui ce message a été adressé. "Le contexte est de plus en plus difficile. C’est mon premier mandat, j’ai peu d’expérience mais je souhaite continuer à défendre les travailleurs qui m’ont accordé leur confiance. Cet appel ne change rien à ma détermination."

Pour Julie Coumont, cette attitude témoigne "d’un système de la loi du silence." "L’hôpital est plutôt à tendance socialiste. La CNE a mis longtemps à y entrer et il est difficile d’y faire son travail car les intimidations à l’égard de nos permanents sont nombreuses. Mais nous comptons aller au bout de la démarche car derrière nous, il y a une travailleuse doublement victime." Le dossier est donc loin d’être clos, d’autant plus qu’une plainte pourrait être déposée pour menaces.


"Il n'est pas question de menaces!"

Pour André Le Maire (DRH du Tivoli), la CNE cherche par ce dossier à jeter le discrédit sur le centre hospitalier. "Les mauvais ne sont pas toujours ceux que l’on croit. S’il y a eu harcèlement, que la victime aille en justice et ne se pose pas de question. Nous sommes face à un syndicat qui cherche à faire mousser les choses", déplore-t-il, ajoutant qu’il n’était pas au courant du message vocal laissé sur le répondeur d’un délégué.

Sa compagne évoque quant à elle un échange d’ordre privé. "Gabriel et moi sommes collègues depuis de nombreuses années, nous discutons beaucoup, tant d’aspects de notre vie privée que professionnelle. Je regrette qu’il se soit senti obligé d’évoquer publiquement ce message, que je lui ai laissé parce que je pensais que nous étions amis."

Pour cette dernière, l’objectif était de faire réfléchir le délégué CNE. "Les gens parlent beaucoup, dans et en dehors de l’hôpital, ils se posent des questions. L’image de l’hôpital, notre lieu de travail, en pâtit. Il ne faut pas oublier que nous sommes avant tout là pour prodiguer des soins à nos patients. Les choses vont trop loin et j’invite la CNE à se remettre en question, à réfléchir avant de dire et faire certaines choses."

Et d’insister : "Il n’est pas question de menaces, je voulais le prévenir. Nous nous sommes vus au lendemain de ce message et il n’en a pas parlé. Je trouve dommage qu’il ait eu l’envie de sortir à ce propos dans la presse à des fins syndicales."

Pour rappel , la CNE avait mené une opération de sensibilisation à la problématique du harcèlement via un tract. Cette action avait été relativement mal accueillie par la direction, qui avait tenu à rappeler qu’une procédure relative au harcèlement existait au sein de l’hôpital.


La Direction porte plainte

Ce lundi soir, la direction du CHU Tivoli a réagi à la polémique par voie de communiqué. " Les propos tenus sont mensongers et diffamatoires : la personne concernée par ce dossier n’est pas un membre du personnel du CHU Tivoli. Celui-ci est donc totalement étranger aux faits relatés, insiste-t-elle. De plus, l’hôpital n’a pas connaissance des détails de la plainte évoquée par la CNE. Par ailleurs, le CHU Tivoli regrette que la CNE utilise ce dossier pour attiser des tensions antérieures entre elle et la direction. La CNE semble privilégier le conflit, ce que déplore la direction." Le point a été soumis au conseil d’administration hier soir. Ce dernier a décidé de porter plainte pour diffamation à l’encontre de la CNE. La direction rappelle par ailleurs qu’une procédure relative au harcèlement sur le lieu de travail existe et que les travailleurs "peuvent faire appel à des personnes de confiance, qui, sur le terrain, font un travail remarquable".