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Le dossier sera porté en justice

C’est un dossier qui pourrait bien prendre de l’ampleur. Ce mercredi, la CNE s’est indignée par voie de communiqué par rapport au licenciement d’une employée du CHU Tivoli, à La Louvière, victime en décembre dernier de harcèlement sexuel. Selon le syndicat, le lendemain de son dépôt de plainte, cette dernière était licenciée avec des indemnités de rupture.

« En mars dernier, une travailleuse de la Société des Médecins de Tivoli, qui est composé de plusieurs médecins de l’hôpital, a déposé plainte pour harcèlement. Le même jour, nous organisions une action de sensibilisation à la problématique du harcèlement sexuel via un tract car nous nous sommes rendu compte que beaucoup n’avaient pas une notion précise de ce qu’était le harcèlement sexuel et où il débutait », explique Julie Coumont, permanente CNE.

Le lendemain, la direction du CHU-Tivoli réagissait. « Sur l’intranet, ces mots ont été postés : nous n’accorderons à cette nouvelle action que l’importance qu’elle mérite et préférons en rire… ». La direction a ensuite invité le personnel « à garder le sourire, eux-aussi », tandis que la victime était licenciée sur le champ. »

Pour le syndicat, cette attitude « est impardonnable » et nécessite d’aller plus loin. « Au-delà du cas individuel pour lequel nous irons évidemment en justice, nous dénonçons l’attitude scandaleuse de la direction, pourtant interpellée à plusieurs reprises et de manière précise sur ce genre de situations. La procédure interne relative au harcèlement sur le lieu de travail, si elle a le mérite d’exister, n’offre pas toutes les garanties pour la victime, en particulier lorsqu’une direction n’y accorde pas d’importance et préfère en rire… »

Ce vendredi, une requête sera déposée auprès du tribunal du travail afin de porter le dossier en justice. Objectifs, réclamer l'indemnité de protection dont bénéficient les personnes qui déposent plainte pour harcèlement moral et sexuel, et réclamer des indemnités pour licenciement abusif et manifestement déraisonnable.Le syndicat compte par ailleurs interpeller le conseil d’administration de l’hôpital.

De son côté, André Le Maire, directeur des ressources humaines du CHU, a tenu à réagir. « Il faut avant tout préciser que le CHU n’est pas concerné puisque la victime potentielle n’est pas membre du personnel. J’insiste aussi sur le fait que depuis que je suis à ce poste, depuis 2014 donc, aucune plainte formelle n’a jamais été déposée pour harcèlement moral ou sexuel. »

Le DRH déplore à son tour l’attitude du syndicat. « À ma connaissance, il n’y a eu aucun jugement pour confirmer les faits et donc pour reconnaitre le statut de victime ou de harceleur. Si cela devait être le cas, nous prendrions toutes les mesures qui s’imposent à l’égard de ce dernier. Mais jusqu’à preuve du contraire, tout le monde bénéficie de la présomption d’innocence. »

Et de conclure : « Je ne sais pas ce que cherche la CNE, si elle cherche à se mettre sous les projections ou à ternir notre réputation. Mais je déplore que le dossier soit mis sur la place publique et que l’on ne parle pas de suspicion mais bien de harcèlement. Malheureusement, le syndicat semble privilégier le conflit. »