Centre Alors qu’un recours au Conseil d’État est toujours en cours

Suite mais pas fin de la saga de la (non) nomination du directeur général (DG) du CPAS de La Louvière, un poste vacant depuis le 1er janvier 2016 alors qu’un candidat, Bernard Antoine, a passé avec succès toutes les étapes pour y prétendre. Plusieurs recours avaient été lancés, l’un court toujours auprès du Conseil d’État.

Malgré tout, il semble que la majorité PS-MR ait fait son choix et tranché en la faveur d’un autre candidat ce 25 juillet dernier, Denis Morisot. Ce qui fait bondir le groupe Plus & CDH, qui était déjà monté au créneau il y a plusieurs mois. "À deux mois des élections communales, dans le grand secret de l’été, la majorité a fait passer en force et contre tout respect de l’éthique la désignation de son nouveau directeur général au CPAS", pestent-ils, ajoutant que par ce fait, "la majorité démontre son éternel attachement aux nominations politiques."

Rappelons que plusieurs procédures avaient été lancées dans le cadre de ce recrutement, dont une dernière exclusivement en interne. La candidature de Bernard Antoine avait de son côté été versée dans une réserve de recrutement, la majorité estimant qu’il était préférable d’être face à plusieurs candidats compétents pour la fonction.

"Sans remettre en cause les qualités personnelles et professionnelles de Denis Morisot, nous ne pouvons accepter cette nomination, qui est l’aboutissement d’une procédure politiquement pilotée, qui entache la fonction de DG d’une suspicion légitime de son indépendance face au monde politique, qui renie le droit de chacun à avoir accès équitablement à un travail dans l’administration communale et qui alimente le sentiment que hors PS, il n’y a pas de droit et de pas de travail."

Pour le groupe Plus & CDH, "c’est le pire signal que pouvait envoyer la Ville, à la veille des élections." Et d’ajouter que l’auditeur du Conseil d’État a jusqu’ici suivi le candidat déchu dans ses démarches et que dans la majorité des cas, l’avis de l’auditeur est suivi par le Conseil d’État.

"Malgré cela, la majorité s’entête dans sa démarche en semblant espérer que sa condamnation n’entraînera que l’obligation de payer un dédommagement, sans engager le candidat de la première procédure." Hier, la présidente du CPAS, Colette Burgeon, s’étonnait de cette réaction. "Deux candidats étaient en lice, nous avons choisi celui que nous estimions être le meilleur pour la fonction. Si nous devons attendre la fin des recours pour prendre des décisions, nous ne faisons plus rien. Nous souhaitons avancer, stabiliser les équipes." Si le recours était favorable à Bernard Antoine, "le CPAS avisera."