Centre

Laurianne Cornet souhaite dénoncer la discrimination dont les jeunes mamans sont régulièrement victimes

Il y a quelques mois, Laurianne Cornet, 29 ans, a eu l’immense bonheur de devenir maman. Si la jeune femme est aujourd’hui comblée, elle ne s’attendait pas à ce que sa nouvelle condition lui ferme les portes de l’emploi. Aujourd’hui, elle souhaite dénoncer la discrimination à l’embauche qui touche les femmes en âge d’avoir un enfant, enceintes ou jeunes mamans.

« Je suis assistante sociale de formation. Lorsque je suis tombée enceinte en avril de l’année dernière, je savais déjà que personne n’engagerait une femme enceinte », explique-t-elle. « J’ai donc décidé de laisser passer ma grossesse et mon congé de maternité avant de rechercher activement un emploi. J’ai de l’expérience et un petit réseau derrière moi. Assez rapidement, j’ai décroché un premier entretien. »

Mais ce dernier ne s’est pas passé comme elle l’espérait. « On m’a dit que mon profil était intéressé mais que je ne convenais pas car j’avais un tout petit bébé… Cela m’a assez refroidie ! J’ai passé d’autres entretiens et là encore, lorsque l’on me demandait si j’avais des enfants, je voyais bien que ça coinçait. Je ne demande pas la lune, dans un premier temps, un temps partiel qui me permettrait de continuer à élever ma fille tout en travaillant. »

À plusieurs reprises, les portes se sont ainsi fermées. « La dernière expérience en date, c’est dans une école où j’ai étudié. J’ai postulé en tant qu’assistante administrative et ai profité d’avoir une connaissance au sein de l’établissement pour essayer d’appuyer ma candidature. J’ai halluciné en voyant la réponse qui m’a été donnée. J’ai vraiment l’impression d’être considérée comme un animal qui aura plusieurs portées, comme une femme dont le rôle est d’être à la maison avec les enfants. »

Sur une capture d’écran que Laurianne Cornet a décidé de partager sur les réseaux sociaux, on peut lire : « C’est un beau poste qui se présente là mais je ne pense pas que tu aies le profil recherché… C’est un poste clé dans l’école, je pense qu’ils vont plutôt miser sur une quadra bien frappée qui en a fini avec toutes ses grossesses et ce qui va avec les 10-15 années qui suivent. »

Le message passe évidemment mal. « Cela confirme ce que j’ai vécu lors des entretiens et ce que de nombreuses femmes vivent sans forcément en parler. Lorsque l’on est jeune, on n’a pas l’expérience et lorsque l’on est maman, on nous résume à ce rôle. J’ai un diplôme, de l’expérience et je souhaite travailler. Il serait temps que la société évolue, que ce genre de propos ne soient plus tenus ! » Aujourd’hui, la Louviéroise cherche toujours activement un emploi... Et espère rencontrer un recruteur plus ouvert d’esprit.