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Pour sa cinquième édition, l'opération Storm Tide passe par la Cité du Gille

Durant quelques jours, Binche et ses environs estinnois vont devenir une région agraire de Gomoubofa, un pays africain en crise où travaillent des expatriés belges que l'armée va devoir exfiltrer. C'est le scénario imaginé par un major des paracommandos pour la cinquième édition de Storm Tide. Du 16 au 21 septembre, cet exercice va mobiliser 600 soldats, 5 hélicoptères NH-90, 3 avions C-130 et 35 véhicules divers. À la manœuvre, nos deux bataillons de paracommandos et les Pathfinder, en partenariat avec des unités britanniques et néerlandaises.

"Le monde évolue et avec lui, les menaces", souligne Rémi Berghmans, porte-parole du quartier général des paracommandos. "C'est pourquoi nous devons mener ce genre d'opérations pour nous adapter. Les paracommandos peuvent être appelés à tout moment pour évacuer des expatriés d'un pays en crise. La dernière fois que nous sommes intervenus, c'était au Congo en 2012."

Cette fois, c'est à Coxyde, Nivelles et Binche que les paras vont opérer. Ils vont d'abord tester leurs compétences amphibies le long de la côte belge avant de parachuter des unités à Nivelles et à Binche. Il leur faudra alors prendre le contrôle de centre de réception pour ensuite évacuer les expatriés. Mais les paras tomberont sur des forces d'opposition. On parle même d'une prise d'otage à Bonne-Espérance !

"Il faut six mois de préparation en plus de notre travail habituel pour préparer un tel exercice", nous confie le major responsable de l'opération. "Nous devons d'abord imaginer le scénario, les incidents possibles, prendre tous les contacts nécessaires et préparer la coordination. Il y a aussi un travail de communication important à faire pour que les gens ne fassent pas d'amalgame avec les menaces terribles que nous avons connues ces derniers temps."

La Ville de Binche ne s'était pas portée candidate. C'est l'armée qui l'a contactée pour mener cet exercice. "Cela montre que Binche est une ville ouverte où l'on peut organiser des événements exceptionnels. Il y a le sport et la culture. Nous avons à présent l'armée", relève le bourgmestre Laurent Devin. "Ma première réaction a été de m'assurer avec le commissaire-divisionnaire Laurent Raspe, que tout pouvait être assuré en matière de sécurité. Au niveau de la mobilité, il n'est pas question de boucler la ville. C'est une très belle opportunité pour nos habitants d'assister à une telle opération. Mais aussi pour nos policiers qui sont de plus en plus amenés à travailler avec les forces spéciales de la police."

Envie de participer à l'opération ?

Tout l'intérêt pour les paracommandos est d'évoluer dans un environnement réaliste. C'est pourquoi ils lancent un appel à ceux qui seraient prêts à jouer les expatriés devant être évacués. "L'appel est lancé aux Binchois de 7 à 77 ans", indique le porte-parole du quartier général des paracommandos. "Nous cherchons tous les âges et toutes les couches sociales pour avoir toutes les réactions possibles. Ces participants seront couverts par une assurance de la Défense. Il faudra être disponible 24 heures et comprendre que, si c'est une expérience très intéressante, ce n'est pas un voyage de croisière. Un vol dans un avion C-130 ou un hélico NH-90, ça secoue !"

Ceux qui veulent tenter l'aventure peuvent s'adresser dès le 29 juin et jusqu'au 13 juillet au service communication de la Ville de Binche en donnant toutes leurs coordonnées ainsi qu'une copie recto verso de la carte d'identité : communication@binche.be ou 064.230.508. "Il y aura 30 places pour les citoyens, 20 pour le monde associatif et 20 pour les services publics", conclut Laurent Devin. "Le tirage au sort sera effectué en direct sur la page Facebook de la Ville de Binche."