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Le mouvement de grogne des travailleurs a pour origine le blocage des négociations entre direction et syndicats sur le nombre d'ouvriers qui ne correspond pas au cadre minimum nécessaire pour faire fonctionner l'entreprise

Les travailleurs de l'entreprise sidérurgique NLMK à La Louvière ont lancé un mouvement de grève de deux jours ce lundi matin. Au cœur de leurs revendications, le manque d'effectifs. Selon la FGTB, le cadre de travail des travailleurs engagés en CDI ne correspondant pas au cadre minimum de fonctionnement de l'entreprise sidérurgique.

"La direction veut passer en force sur le dossier de l'effectif ouvrier", a indiqué Didier Scailquin de la FGTB. "Nous en sommes actuellement à 363 ouvriers en CDI et la direction vient de faire passer une vingtaine d'intérimaires en CDI. Le cadre minimum est de 411 postes de travail structurels. Il reste certes 28 intérimaires en poste. Mais, au total, il y avait chez NLMK, avant le passage des 20 intérimaires en CDI, quelque 90 intérimaires. Cela veut dire, en l'état actuel des choses, qu'un certain nombre d'entre eux ne seront pas reconduits alors que certains travaillent chez NLMK depuis deux ans. Nous estimons qu'un effectif de 383 ouvriers et 28 intérimaires est trop juste, notamment pour couvrir les absences des travailleurs malades, blessés ou en congé."

Les syndicats avaient déposé un préavis de grève la semaine dernière, après le blocage des négociations. "Les travailleurs ne seront donc pas à leurs postes mardi dans le cadre de la grève, ni mercredi car il participeront à la manifestation sur les pensions. Nous attendons un signe de la direction pour la suite", a indiqué Didier Scailquin.


La direction de NLMK La Louvière regrette le mouvement de grève

La direction de NLMK La Louvière a regretté dans une communiqué le mouvement des travailleurs lancé ce lundi. Elle souligne par ailleurs sa volonté de pérenniser l'emploi sur le site de La Louvière. Dans son communiqué, la direction de l'entreprise sidérurgique NLMK à La Louvière regrette le mouvement de grève lancé lundi par les travailleurs. Elle indique sa volonté "d'améliorer l'efficacité opérationnelle du site de La Louvière" tout en discutant "depuis plusieurs mois avec la délégation syndicale d'une nouvelle organisation de travail."

Lors d'un conseil d'entreprise extraordinaire du jeudi 3 mai, la direction avait annoncé sa décision de concrétiser cette nouvelle organisation et de la mettre en œuvre dans les semaines qui viennent.

"Cette nouvelle organisation de travail va permettre, entre autres, de transformer 20 contrats intérimaires en contrats de travail à durée indéterminée, augmentant par là le nombre d'effectifs ouvriers", indique l'entreprise. "La direction montre ainsi sa volonté de pérenniser l'emploi sur le site de La Louvière. Elle revoit également le nombre d'intérimaires nécessaire pour assurer le bon fonctionnement des opérations sur le site de La Louvière, tout en gardant une certaine flexibilité pour s'adapter au marché."

La direction de NLMK La Louvière "ne comprend pas le recours systématique au blocage du site et au droit à l'accès au travail des personnes qui souhaitent travailler". Elle regrette également "que ces blocages fragilisent la situation de l'entreprise qui ne peut bénéficier au maximum de la situation positive du marché."