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Le dossier porte sur un lotissement situé entre la rue de l'Avedelle et la rue Delval

Nous avions justement épinglé la protection du caractère rural d'Écaussinnes lors de notre dossier sur les élections communales. Voilà que la réalité rattrape l'actualité dans la Cité de l'Amour. Un projet immobilier suscite en effet de vives inquiétudes chez bon nombre de riverains. La résistance se met en marche.

Ce projet n'est pas totalement inconnu. Construire des habitations sur un terrain situé entre la rue de l'Avedelle et la rue Delval ? Le dossier est déjà passé sur la table du conseil communal. Mais une étude d'incidence avait été recalée par le fonctionnaire-délégué de la Région wallonne en 2016. Or, voilà que le promoteur revient à la charge avec une demande de permis en bonne et due forme. Une enquête publique est en cours. Elle prendra fin le 5 novembre. Les riverains commencent déjà à penser leur opposition.

"Il y a une quinzaine de jours, j'ai fait du porte-à-porte dans ma rue pour prendre les avis des habitants sur ce projet", confie Sébastien. "J'ai pu constater que tout le monde était contre. Nous avons donc décidé de former un comité de quartier. Nous organiserons une première réunion après les élections, quand le climat sera plus serein. J'ai aussi pris contact avec le promoteur en lui expliquant que nous souhaitions privilégier le dialogue. Il avait l'air content d'avoir un interlocuteur."

Les riverains sont conscients qu'opposer un refus catégorique peut envenimer les choses. Mais la pilule ne passera pas telle quelle. "Il y a une trentaine de maisons et un bloc à appartements. Une entrée du lotissement se fera juste devant chez moi. Et j'aurais des maisons à la place des champs derrière mon jardin", regrette Vinciane. "Nous savions qu'il y aurait tôt ou tard un lotissement. Mais c'est le côté gigantesque qui nous ennuie."

Alors, les riverains pensent déjà aux négociations. "Nous savions que c'était une zone constructible", souligne un autre Sébastien habitant également le quartier. "Mais nous avons toujours voulu que le projet, s'il devait y en avoir un, conserve au maximum le caractère rural des lieux. Nous ne voulons pas de legos jetés au milieu de la prairie. Il faut aussi penser aux problèmes de mobilité que ça pourra engendrer. Et nous sommes en partie dans une zone inondable, donc il faut aussi tenir compte du ruissellement des eaux. Opposer un refus catégorique ne servira à rien. Mais si certains éléments ne sont pas corrects, il faut le faire comprendre. Si d'autres sont acceptables, il faut pouvoir y mettre des conditions."

L'enquête publique se terminera dans un petit mois. Si elle obtient au moins une vingtaine de réclamations, le promoteur devrait tenir une séance d'information. C'est le premier objectif des riverains. Ils espèrent ensuite que le dialogue permettra de ramener le projet dans des proportions acceptables à leurs yeux. Dans le pire des cas, certains évoquent déjà un éventuel recours au Conseil d'État. Avant cela, le dossier devra passer par le conseil communal pour les modifications de voirie. Le collège devra ensuite se prononcer sur le permis.

© G.La