Centre À Estinnes, Herman Degueildre s’occupe des panneaux électoraux pour son parti

Le geste est rôdé, mais toujours aussi méticuleux. Voilà plus de 20 ans qu’Herman Degueildre étale sa colle sur les panneaux électoraux. Son "papin" comme il la nomme en bon patois.

La politique, ce n’était pas une affaire de famille chez les Dugueildre. "Mon grand-père n’était pas membre d’un parti. Mon père, non plus", confie l’Estinnois. "C’est moi qui me suis retrouvé dans les valeurs du mouvement que je soutiens."

Un soutien qui se traduit par l’intendance pour ce militant qui n’est jamais passé de l’autre côté de l’affiche. "J’ai déjà un échevin de mon parti comme voisin. Nous n’allons pas nous lancer dans un combat de coqs. Nous avons une très bonne équipe et je les soutiens à ma manière", souligne le militant.

Avec son ami Michel , Herman sillonne les neufs villages de l’entité. 90 panneaux sont ainsi installés. "Pour les provinciales, nous allons même jusqu’à Chimay." Pour le prochain scrutin, notre colleur a commencé son exercice le 1er septembre, et continuera à passer en revue ses panneaux jusqu’à la veille des élections. "Si le 13 octobre, on voit une affiche arrachée, on repasse vite un coup pour que tout soit nickel le jour J."

En 20 ans, des règles mieux définies ont permis de détendre le climat des campagnes électorales. "Avant, certains pouvaient se taper dessus. Pas nous. On arrivait quand la bagarre était finie", sourit le septuagénaire. "Aujourd’hui, chaque parti a ses panneaux. C’est la même chose pour tout le monde et ça évite les tensions."

Ce qui n’empêche pas toujours des petits couacs. "Un candidat nous a accusés d’avoir dessiné des moustaches sur son affiche. Je pense qu’il l’a fait lui-même pour mettre le feu aux poudres. On ne rentre pas dans ce jeu-là, il faut laisser pisser le mouton. Avec l’équipe que nous avons, pas la peine de se rabaisser aux coups bas."

Petite main indispensable, Herman remplit son rôle avec enthousiasme, convaincu que sa liste réalisera un beau score. "Si on part défaitiste, on va perdre", conclut le colleur en pleine confiance.

G.La