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Infrabel a mis son grain de sable dans les rouages du dossier. La Ville va au Conseil d'État

C'est un dossier complexe qu'un grain de sable peut venir gripper. Après de longues négociations, la Ville de Braine, la SNCB et le promoteur du futur écoquartier situé derrière la gare étaient parvenus à un accord. De quoi mettre sur de bons rails le parking de 500 places derrière la station ferroviaire, son tunnel sous-voies ainsi qu'une voirie d'accès au futur lotissement.

Mais c'est sur point que le dossier patine. Infrabel a en effet introduit une demande d'annulation de permis accordé par la Région wallonne à Re-Vive, le promoteur de l'écoquartier. Le motif ? La voirie qui devrait être érigée pour relier l'arrière de la gare au lotissement en croisera une autre sur un terrain appartenant à Infrabel et menant à l'un de ses centres techniques et logistiques.

Cette contestation du gestionnaire du réseau ferroviaire laisse quelque peu pantoises les autorités communales. "Infrabel a participé à de nombreuses réunions sur ce dossier et n'avait pas remis en question le permis jusqu'ici", regrette le bourgmestre de Braine, Maxime Daye. "Et un arrêté royal exigeait de désenclaver ce terrain. C'est embêtant pour les différents acteurs concernés. Le promoteur doit retarder le lancement des travaux. Quant à la Ville, elle compte sur les charges urbanistiques de l'écoquartier pour investir sa part dans le parking et le tunnel sous-voies, à savoir un million d'euros, les trois autres millions étant à charge de la SNCB."

La Ville de Braine a donc décidé de contester l'action d'Infrabel devant le Conseil d'État. "C'est un recours en intervention", précise Maxime Daye. "Nous voulons faire entendre le fait que cette voirie contestée par Infrabel a un intérêt public manifeste. Elle permettra notamment de relier deux parties de la ville qui était séparée par les chemins de fer."

La Ville de Braine a également pris contact avec le ministre Bellot pour qu'il puisse jouer un rôle de facilitateur dans un dossier complexe à plus d'un titre. En effet, les autorités communales sont déjà engagées dans un autre bras de fer avec Infrabel pour des charges d'urbanisme que le gestionnaire n'aurait pas respecté sur un autre chantier. Serait la raison de l'ire d'Infrabel ? Une carte à jouer dans les négociations ? Reste que ces tracas administratifs risquent de retarder le projet d'environ six mois.