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Des soumonces au Mardi Gras en passant par les Trouilles de Nouilles, le Parisien a tout vécu

Avec Sylvie Jausserand, Pascal Payeur anime un atelier de scénographie à Paris. Leur pratique de la muséographie et de la scénographie appliquées aux espaces publics culturels consiste à concevoir les expositions et les musées comme des lieux de découvertes et d'échanges. Parmi leurs réalisations, la Cité internationale de la Dentelle et de la Mode à Calais, le Muséum d'Histoire naturelle de Paris ou encore le Pass à Frameries.

Pascal Payeur peut à présent ajouter le centre d'interprétation du Musée du Masque de Binche à son tableau. Avant d'être investi de sa mission, il n'avait que vaguement entendu parler du carnaval de Binche. Il a donc dû se préparer à la tâche. "En tant que scénographes, nous répondons toujours à un programme", explique Pascal Payeur. "Nous avons lu le programme scientifique rédigé pour ce projet. Il était d'ailleurs adossé à l'ouvrage Le Gilles sens dessus dessous qui était assez intéressant. Nous avons compris assez rapidement que le projet n'allait pas s'appuyer sur des objets, mais plutôt sur les témoins d'une pratique qui occupe Binche toute l'année. Nous avons aussi compris rapidement pourquoi l'Unesco s'était intéressée à ce folklore. Nous avons donc cherché les moyens de rendre compte de toutes ces choses qui sont plutôt de l'ordre de l'intangible."

Évidemment, le scénographe ne s'est pas contenté de lire des brochures sur le carnaval. Il a aussi vécu le folklore binchois sur place. "Nous avons d'abord été invités aux soumonces ainsi qu'aux Trouilles de Nouilles", poursuit Pascal Payeur. "C'était une expérience très intéressante que de se balader masqué dans une ville. Ça donne un certain pouvoir désinhibiteur. Puis il y a eu évidemment le Mardi Gras. J'ai été frappé par la manière dont les Gilles vivent le carnaval de manière très émotionnelle. En les interrogeant durant quatre ans, j'ai compris qu'il y avait un lien avec l'enfance. Devenir Gille, c'est un long parcours initiatique finalement. Je pense que ça ancre cette pratique dans l'idée d'une transmission. Un patrimoine qui peut apparaître comme très folklorique et passéiste au départ, par la transmission entre les générations, retrouve une réactualisation. Même si le rituel est très écrit, j'ai donc l'impression qu'il se teinte différemment d'une année à l'autre."