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Le jeune homme ne sera pas resté plus de cinq jours dans sa chambre

Il y a une dizaine de jours, Antoine, 15 ans, faisait sa rentrée au collège Saint-Vincent à Soignies et faisait le choix de l’internat. Originaire d’Eghezée, ce dernier joue en effet au football dans un club de Tubize et souhaitait de ce fait limiter autant que possible les déplacements. Malheureusement, après seulement quelques jours, le jeune homme bouclait ses valises et quittait l’établissement, dépité.

Et pour cause. “Nous avions assisté à la journée portes ouvertes et avions donc constaté que les bâtiments étaient quelque peu vétustes. Mais nous ne nous sommes pas arrêtés à quelques vieux meubles”, explique Maïté Hagon, la maman d’Antoine. “C’était en avril-mai, nous ne nous attendions pas à voir des chambres qui brillaient. Mais ce que nous avons réellement découvert lors de la rentrée scolaire nous a laissés sans voix.”

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La petite famille évoque un état de saleté impressionnant. “La chambre était vraiment salle, le sol était littéralement noir de crasse. Il y avait des moisissures sur le matelas, des poils dans l’évier, une garde-robe totalement bancale et donc dangereuse, à boire et à manger dans les rideaux de la chambre, des toilettes horriblement sales et des douches qui sentaient l’urine… C’était la désillusion la plus totale alors que l’établissement bénéficie d’une bonne réputation.”

Outre la chambre, Antoine aurait également dû composer avec des repas douteux. “On leur a servi une mousse au chocolat qui avait la texture d’un pudding. Elle aurait été laissée dans une voiture, en pleine chaleur. Un copain d’Antoine avait précisé qu’il était allergique au poisson. On lui en a servi malgré tout et lorsqu’il a reprécisé son allergie, on lui a répondu qu’il n’aurait rien d’autre. Sur leurs cinq jours d’internat, Antoine et ses amis n’ont mangé qu’un seul repas.”

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Aujourd’hui, plusieurs des jeunes pensionnaires ont tout simplement quitté les lieux. “Nous avons tenté d’entrer en contact avec la direction afin qu’une solution soit trouvée. Mais obtenir des réponses s’apparentait plutôt au parcours du combattant. Nos appels n’étaient plus pris et lorsque nous sommes allés chercher Antoine pour le ramener avec nous, personne n’est venu à notre rencontre… Il n’y a aucune remise en question.” Antoine fait donc l’aller-retour en train entre sa ville natale et son club de football.

L’école pourrait porter plainte contre les parents

Manque d’hygiène, nourriture infecte ou encore matelas infesté de punaises sont les raisons qui ont poussé Antoine et plusieurs de ses amis à quitter l’internat de Saint-Vincent. Du côté de Benoît Leclercq, préfet des internats, le discours est pourtant bien différent. Il reproche notamment aux parents de ne pas en avoir fait assez pour qu’il puisse trouver des solutions.

“Tout d’abord, je tiens à insister sur le fait que je ne reçois aucune rouspétance des élèves quant à la nourriture qui leur est servie. Quant au nettoyage, je dois admettre que nous avons eu un petit souci les premiers jours. Les élèves concernés par ce dossier se trouvaient à l’étage d’un bâtiment qui n’était jusqu’ici pas occupé. La société de nettoyage n’était pas encore intervenue à leur arrivée mais c’était bel et bien prévu”, concède-t-il.

Aujourd’hui, le préfet des internats regrette l’attitude des parents. “La description qu’ils font de la situation est totalement en dehors des réalités. J’ai bien eu quelques parents au bout du fil mais ils n’ont jamais réellement cherché à me rencontrer. Dans le cas contraire, j’aurais pu objectiver les éventuels problèmes et, s’il y avait lieu de le faire, corriger le tir. Cela n’a pas été le cas, leur décision d’enlever leurs enfants de l’internat était prise.”

Et d’ajouter : “Beaucoup d’efforts ont été fournis pour accueillir ces jeunes et leur permettre de poursuivre leur sport. Ils mangeaient notamment à des horaires différents. Sur 170 pensionnaires, seuls ces trois amis ont rouspété. Ce que je crois aujourd’hui, c’est qu’ils se sont monté la tête parce qu’ils n’avaient pas envie de rester et leurs parents les ont crus. C’est dommage d’agir de la sorte, je ne comprends pas.” Benoît Leclercq annonçait ce vendredi son intention d’éventuellement porter plainte, estimant que la réputation de l’établissement était touchée.

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