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La zone de secours avait déclassé le véhicule. Il sera finalement offert à un village roumain jumelé avec Soignies

Les pompiers ont du cœur ! S’ils le prouvent au quotidien en offrant leur aide à la population, ils le démontrent aussi en dehors de leurs heures de service. Preuve en est du côté de Soignies, où quatre membres de l’Amicale des pompiers – trois sapeurs et un mécanicien – ont donné de leur temps pour remettre sur roue et équiper une autopompe destinée à la mitraille.

Une triste fin pour un véhicule qui avait certes un peu d’âge, mais qui était toujours en bon état. “L’idée de le retaper et de l’offrir au village roumain de Ghéraseni a rapidement germé dans mon esprit. Discrètement, des contacts ont été pris avec les autorités de ce village afin de voir si elles étaient intéressées par ce projet. La réponse, évidemment positive, ne s’est pas fait attendre”, commente l’adjudant retraité Jean-Pierre Paternostre.

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Après de très longues démarches administratives, l’obtention de tous les accords nécessaires (et notamment de la zone de secours Hainaut-Centre) et le soutien des autorités politiques communales, tous les feux passaient au vert. “Il a fallu se creuser un peu les méninges pour savoir comment amener ce camion là-bas. Nous avons envisagé le camion-plateau et le train avant de finalement arriver à la conclusion que le plus simple, c’était de le conduire.”

Les réparations terminées et le véhicule remis pratiquement à neuf, les quatre bénévoles se sont attelés à la préparation d’un périple long de 2300 kilomètres, qui les emmènera en Allemagne, en Autriche, en Hongrie, en Roumanie et finalement dans les Carpates pour les 300 derniers kilomètres. “Le carburant représente l’une des parties les plus importantes de notre budget. Il faut compter quelque 1000 litres de mazout pour arriver à destination.” Le retour se fera quant à lui par avion.

Ce vendredi soir, le projet est officiellement présenté aux Sonégiens mais le départ n’est prévu que le 20 août prochain. “Nous espérons arriver dans la journée de jeudi afin d’avoir un peu de temps pour l’écollage. Ils devront se familiariser avec le matériel, même si nous sommes persuadés qu’ils prendront rapidement leurs marques.”

Aujourd’hui encore, les Roumains manquent cruellement de moyens. “Les villages doivent passer des conventions avec les grandes villes, qui se situent parfois à 30 ou 40 kilomètres de distance… Lorsque les pompiers arrivent sur place, autant vous dire qu’il ne reste rien de l’habitation !” Si une autopompe ne changera pas tout, elle devrait toutefois être d’un secours bienvenu.