Centre Anthony avait la main dure et la paume leste : il devra suivre un traitement

Le petit Adriano, qui n’avait que 8 ans, avait été surpris à errer seul du côté de l’église de Binche, en décembre 2015. Comme en plus, il portait des traces de coups, il y avait eu enquête, et elle avait amené à porter de lourds soupçons sur Anthony, le compagnon de la mère de l’enfant. Près de trois ans plus tard, Anthony a été jugé en correctionnelle, avec des préventions qui n’avaient rien de léger : des coups à l’enfant et des traitements dégradants qu’Adriano aurait subis, et dont son petit frère de deux ans aurait aussi été victime.

Le parquet avait estimé que le tout était bien établi. On avait fait valoir les récits d’Adriano, qui parlait de punitions plutôt rigoureuses, de coups mais aussi de douches glacées auxquelles il était soumis. Bref, tout cela devait valoir à Anthony une peine de 18 mois de prison ferme, aux yeux du parquet. La défense, elle, avait fourni une tout autre vision des choses. Anthony s’était retrouvé dans une famille recomposée, où sa compagne ne semblait guère tenir son monde. Il avait voulu y mettre de l’ordre, ce qui n’avait guère été aisé, le petit Adriano étant du genre qu’on qualifie d’infernal.

Reste qu’il y avait eu des exagérations dans le comportement et des excès de sévérité. D’ailleurs, Anthony s’en était rendu compte, et avait entamé un suivi psychologique destiné à freiner ses élans. Et la défense de demander une suspension du prononcé de la condamnation. C’est ce qu’a décidé le tribunal : Anthony est acquitté de la prévention de traitements dégradants et bénéficie de cette suspension pendant cinq ans, mais avec des conditions probatoires parmi lesquelles figure cette obligation de suivi psychologique. Bref, de quoi lui rappeler les limites de la rigueur dans l’éducation.