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Fort heureusement, le chiffon n’a pas été enflammé

Le tribunal correctionnel de Mons s’est penché, lundi, sur cinq co-prévenus suite à une sombre histoire d’incendie volontaire d’un véhicule. C’était en octobre 2016. Par vengeance, en famille et aidé d’un ami, Johan s’est rendu ivre mort en pleine nuit du côté de la rue de Nivelle à La Louvière. Il avait pris soin de s’arrêter dans une pompe à essence à Le Roeulx pour remplir une bouteille d’essence avant d’y ajouter un chiffon.

Arrivé face au domicile d’anciens amis, il a finalement balancé son cocktail Molotov, non allumé, par la fenêtre de leur habitation. Par chance, il n’y a eu aucun blessé. De fait, le chiffon ne s’est pas enflammé !

Il n’empêche, le ministère public y voit une tentative d’incendie volontaire. D’autant plus que les quatre enfants du couple étaient présents. “Je voulais leur faire peur”, assure Johan au tribunal. “Je n’ai jamais eu l’intention de mettre le feu à la maison. Au départ, je voulais juste brûler leur voiture comme ils avaient brûlé la mienne.”

Reste qu’il a quand même confectionné son cocktail Molotov en payant l’essence avec la carte de sa compagne et en se faisant véhiculer par un ami et son cousin. Si tout ce petit monde était réuni, c’était pour l’anniversaire du cousin. Et dans la soirée, les quatre à cinq bouteilles de whisky ont fait leurs effets et l’esprit de vengeance a fait son apparition. “Quand il est dans cet état, il est capable de tout”, dit le cousin à propos de Johan.

Son casier judiciaire est par ailleurs déjà bien fourni pour des faits de violence, de coups, de vols et de rébellion. Il a déjà bénéficié de plusieurs mesures de faveur par la justice. Ce qui fait réclamer au substitut Moinil jusqu’à 5 ans de prison ferme pour la tentative d’incendie, 10 mois pour la fraude à Ores et deux ans pour les coups. Lui sollicite son acquittement pour l’incendie, un sursis probatoire pour le surplus.

Les autres prévenus réclament leur acquittement de la tentative d’incendie, qui pourrait aussi être requalifiée compte tenu de l’absence de feu. Plusieurs mesures de faveur sont aussi sollicitées pour les différents protagonistes, qui en fin de compte n’ont pas réussi à calmer Johan ce soir-là. Le ministère public a néanmoins réclamé des peines de deux ans à 30 mois de prison contre le cousin et le chauffeur. Jugement en juin.