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Sylvie avait décidé de rompre. Son compagnon n’a pas apprécié

C’était un jour de carnaval à Epinois, et ces jours-là sont sacrés. Sylvie se préparait, pimpante, quand son ex est arrivé. Elle avait rompu. Il paraît qu’il revenait ainsi régulièrement à l’improviste, sous divers prétextes, et notamment celui de faire visiter la maison commune, et qui était mise en vente. Bref, l’ambiance était à l’aigre.

Sylvie a raconté tout cela, ce couple en déchirures, et ce jour-là où, dit-elle, son ex l’a saisie par les cheveux, l’empêchant d’aller au carnaval, lui enlevant son maquillage en lui frottant le visage sur le sol. Alors, elle a pris une assiette, et l’a envoyée à la tête de ce compagnon devenu un adversaire. Le lendemain, il revenait récupérer le décodeur de la TV, quelque chose comme un symbole du courant qui ne passait plus entre eux. Et la scène a repris.

Alors pourquoi comparaît-elle ? Ne s’est-elle pas seulement défendue ? Ce n’est pas l’avis du substitut Dufrasne, qui a parlé de la “spirale de la violence”, avec cet ex frappé si violemment qu’il a été saisi de convulsions avant de perdre connaissance. Et puis, si on évoque souvent les violences faites aux femmes, il y a aussi l’inverse. Ici, la victime, c’était l’homme.

Me Audrey Fayt, à la défense de Sylvie, a plaidé l’équilibre de torts : quatorze ans de vie commune, deux enfants, pour en arriver là, c’est que Sylvie a eu son lot de violences sans jamais déposer plainte, elle. Et l’ex est insistant, et il revient, et il est jaloux, et il recherche un amant hypothétique jusque dans les armoires. Bref, Sylvie a eu tort, mais elle assume, elle regrette, et d’ailleurs, elle a déménagé. Le problème, c’est que l’ex aurait, lui aussi, envisagé de déménager. Pour la suivre ?