Centre Pointer les responsabilités est l’enjeu du procès

C’est à un dossier-mastodonte que vient de s’attaquer, ce vendredi, le tribunal correctionnel de Mons. Onze ans après la découverte de la pollution au polychlorobiphényls (PCB), des dérivés chimiques chlorés produits pour des applications liées aux transformateurs électriques, la justice va tenter de pointer les responsabilités de ce formidable gâchis. N’en doutons pas, ce ne sera pas simple !

Les faits remontent maintenant à mai 2007. Lors d’un contrôle de lait auprès d’un éleveur brainois, l’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (AFSCA) découvrait des teneurs en PCB anormalement élevées. Ces substances chimiques proches de la dioxine étaient utilisées jusque dans les années 80 pour leurs propriétés d’isolation.

Des analyses sont effectuées dans un étang voisin de l’exploitation : les poissons y présentent également une contamination au PCB avec des taux dépassant de 5.000 fois les normes autorisées. L’enquête sur ce scandale toxique va finalement mener jusqu’au zoning voisin des Tuileries (qui compte 135 hangars) à Hennuyères. C’est sur ce zoning qu’aurait été déversé, directement dans l’égout, le produit polluant par le locataire du hangar 43.

Les conséquences pour l’éleveur ont été colossales : il a dû faire abattre les quelque 200 têtes de son cheptel. La pollution s’est, elle, propagée dans les différents ruisseaux à Hennuyères, puis à Tubize, avant de rejoindre la Senne. Le hic ? Ce cours d’eau alimente des étangs de pêche. Depuis lors, les poissons pêchés sont impropres à la consommation.

Alors, devant le tribunal ce vendredi, la quasi-totalité des protagonistes étaient présents. Dix prévenus, dont l’exploitant du zoning qui estime avoir déjà payé deux millions d’euros pour la dépollution, ainsi que son locataire de l’époque. Ce dernier aurait déversé le produit polluant issu d’un transformateur dans le réseau d’égouttage. On retrouve aussi le transporteur, celui qui a apporté ce transformateur sur le site. Ils répondent de diverses infractions à la législation sur les produits polluants.

Du côté des parties civiles, qui réclament que le pollueur soit clairement identifié et surtout qu’il finance les travaux d’assainissement, on retrouve l’éleveur, la Fédération des pêcheurs, la Région wallonne, les communes touchées (Braine-le-Comte et Tubize) et la Province du Brabant wallon. Cette première date du procès n’a pas pu clôturer l’instruction d’audience des différentes parties à la cause. Les débats reprendront la semaine prochaine avec notamment les premières plaidoiries des parties civiles.