Charleroi-Centre

Johnny Flash ne raterait pour rien au monde les adieux qui seront organisés ce samedi sur les Champs-Élysées et à l'église de la Madeleine à Paris.

Lui qui s'invite depuis une dizaine d'années à Marnes-la-Coquette juste pour apercevoir son idole lui faire un signe de la main ou lui dire un petit mot gentil. « Je vais prendre la route de Paris dans la nuit de vendredi, je veux être sûr d'avoir la meilleure place possible pour lui dire adieu. Je pars avec mon pote Alain avec qui j'ai assisté à plusieurs concerts ».

© MADI

Roland Pierard de son vrai nom, il aura 66 ans ce 10 décembre, est un sosie de Johnny. Il en avait fait un peu son second métier. « Je suis ouvrier à la base, j'ai fait énormément de jobs, je me suis occupé d'un haras, j'ai fait plein de choses ».

L'homme vit à Gerpinnes les Flaches, près de Charleroi, ce qui lui a inspiré le pseudo Johnny Flash. « Je fais ça depuis depuis plus de 30 ans, raconte-t-il, j'ai animé des mariages, des anniversaires, je n'ai pratiquement fait que ça. J'ai arrêté pour des raisons de santé. La dernière fois que j'ai chanté, c'était il y a quatre ou cinq ans pour des militaires à Bastogne . Ce ne sont pas tant les chansons qui m'intéressent, c'est le personnage Johnny qui me fascine. ».

Ce qui l'a conduit à faire le pied de grue devant le domicile du chanteur juste pour l'apercevoir.

« J'ai été un des premiers si pas le premier il y a une dizaine d'années à faire la route de Marnes-la-Coquette rien que pour le voir un court instant. J'y suis allé des dizaines de fois. Huit fois sur dix, je tombais dessus. Je patientais devant les grilles du parc ou se trouve sa propriété. Une journée, une nuit. Je le voyais passer en voiture, il me faisait signe. Il me donnait la main. Le jour de son anniversaire, j'y allais aussi. Je voyais passer David. Un petit salut, un bonsoir ».

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Avant Marnes-la-Coquette, Johnny Flash mettait le cap sur Ramatuelle : « Il y a 15 ans, j'ai fait une semaine jour et nuit devant la Lorada, je dormais dans ma voiture. ». Invité pour un mariage à l'île Maurice, le Gerpinnois a tenté de faire d'une pierre deux coups. « J'avais repéré dans un magazine qu'il prenait ses vacances à l'hôtel Saint-Géran. Johnny est un dieu à l'île Maurice. Je ne l'ai malheureusement pas croisé cette fois-là ».

Il aura tout fait pour voir Johnny, même assister aux enterrements où le rockeur pouvait se trouver.

« Je suis allé à l'enterrement de Eddie Barclay, de Carlos. Et même de C Jérôme. Mais cette fois-là, il n'était pas là ». De son idole, il garde énormément d'objets de valeur. Il nous montre un cadre dans lequel il a disposé deux paires de lunettes noires. Ainsi qu'un manche de guitare ayant appartenu bien évidemment au chanteur. « Les lunettes, il me les a pratiquement lancées dans les mains, j'étais au premier rang. A force, il me connaissait. C'était au Stade de France pour l'une et au stade Roi Baudoin pour l'autre. La guitare, c'était à Forest. Johnny l'a cassée sur scène devant nous. Alain et moi, on l'a attrapée, moi j'ai gardé le manche, lui la caisse ».

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Si on a tous quelque chose de Johnny en nous, Johnny Flash conserve une trace désormais indélébile sur son poignet gauche. « Un jour de 2006, lors de la présentation d'un film à Bruxelles, j'ai relevé ma manche et je lui ai dit... Johnny... Il a écrit son nom avec un marqueur. Le lendemain, j'ai couru chez un tatoueur pour fixer la signature ».

La dernière fois qu'il a vu la star, c'était pour les Vieilles Canailles au Palais 12. « J'ai trouvé qu'il était fatigué, ce n'était pas un bon concert, mais moi j'y allais uniquement pour Johnny, je n'aimais pas le voir chanter avec d'autres. » Abdel Madi