Charleroi-Centre Le conducteur parle d’un accident, la partie civile d’une tentative de meurtre.

Après avoir ingurgité sept bières et autant de Bacardi-Coca, Claude était fin saoul, le 1er juin 2013 aux petites heures du matin, en sortant de la Locomotive à Barbençon. Et lorsqu’il a vu l’un de ses copains pris à partie par une bande de jeunes, il n’a pas hésité à voler à son secours. "On a reçu des coups tous les deux. J’étais en sang. On est retourné à la voiture de Nathalie mais ils nous poursuivaient. Je suis monté à l’arrière et mon copain à l’avant. Il a démarré en laissant Nathalie sur le carreau alors que celle-ci était descendue du véhicule pour tenter de calmer nos agresseurs", explique Claude, poursuivi devant le tribunal correctionnel de Charleroi.

La voiture a parcouru environ un kilomètre avant de faire demi-tour dans le village, pour revenir à toute vitesse vers la discothèque. "On venait rechercher Nathalie. C’est vrai que j’ai repris place derrière le volant. Mais je n’avais pas l’intention de renverser quelqu’un", poursuit le prévenu.

Et pourtant, Claude a percuté de plein fouet un jeune piéton, complètement étranger à l’altercation d’origine, au beau milieu de la chaussée. "Il n’y a pas de traces de freinage. S’il ne connaît pas la victime, le conducteur a bien l’intention de foncer dans la foule par vengeance. Il s’agit bien d’une tentative de meurtre", estime Me Beelen, qui demande réparation : malgré plusieurs opérations, ce dernier conservera en effet une légère claudication toute sa vie.

Mais pour le parquet, un doute subsiste sur l’intention homicide. "Le prévenu n’en veut pas particulièrement à la victime. De plus, il ne se déporte pas pour le faucher expressément. Il faisait encore nuit et il a pu ne pas l’apercevoir, vu son état d’ébriété", a déclaré la substitute Loosen qui estime avoir affaire à des coups et blessures involontaires avec délit de fuite.

C’est donc une peine d’un an de prison avec sursis qui a été requise pour ces faits, ainsi que de six mois pour le vol d’usage de la voiture. Sans oublier 18 mois de déchéance du droit de conduire.

Me Quinet, conseil de Claude, pense également que l’acte n’était pas volontaire. "Sans le contexte de bagarre, on aurait parlé d’un accident comme il en arrive malheureusement tous les week-ends, a précisé l’avocate qui sollicite une peine de travail. Néanmoins, mon client sait que ce qu’il a commis est grave et qu’il devra en payer les conséquences financières." Jugement le 28 novembre.