Charleroi-Centre

Un père de Morlanwelz poursuivi pour coups et traitements inhumains sur sa fille de 12 ans

Penaud, Pascal s'avance devant le siège du tribunal correctionnel de Charleroi. Il répond de faits gravissimes, à savoir des coups et des traitements inhumains sur sa propre fille de 12 ans, présente sur le banc des parties civiles. Le quadragénaire est effondré : « je reconnais, je regrette et je ne me le pardonnerai jamais », soupire-t-il en tentant d'expliquer les raisons qui l'ont amené à se comporter comme un bourreau avec la chair de sa chair. « Je suis un sportif de haut niveau. Quand je me suis blessé, j'ai un peu déprimé et je me suis consacré quasi exclusivement à mon fils, également athlète. Ma fille était un peu jalouse. Ca se passait mal entre nous. Je la brimais, j'étais insultant avec elle ».

Et puis, un matin de décembre 2014, la police se présente au domicile familial avec une lettre anonyme. Celle-ci fait état du comportement renfermé de la fille de Pascal, maltraitée par son père. « Il l'a soupçonnée de l'avoir écrite et, à partir de ce moment, il lui a fait vivre un enfer », gronde le substitut DamienVervaeren. « Sa fille, c'était Cendrillon. Elle ne pouvait pas regarder la TV en son absence. Ses loisirs, c'était s'occuper du bébé. Elle devait faire le ménage mais quand il est rentré ivre, le 17 janvier 2015, il s'est énervé en retrouvant de la poussière sous un fauteuil. Il a empoigné sa crosse de cricket et l'a rouée de coups. C'est plus contondant qu'une batte de base-ball. Il aurait pu la tuer ! »

Le professeur de religion islamique de l'adolescente s'était inquiété de son comportement renfermé. Terrorisée, la jeune femme tremblait de tout son corps à l'évocation de son père. Un corps qu'elle avait constellé d'une septantaine d'hématomes...

Placé sous mandat d'arrêt, Pascal a fait deux mois de préventive. Depuis lors, l'eau a coulé sous les ponts. « Heureusement pour lui, parce que si la Justice n'avait pas traîné, j'aurais demandé 10 ans de prison ferme. Aujourd'hui, je ne requiers que 5 ans avec sursis probatoire, vu l'évolution positive de la situation ».

Car effectivement, après deux ans en institution, l'adolescente a renoué avec son père et vit à nouveau avec lui. « Je reconnais que j'ai exagéré certaines choses. Il ne m'a jamais obligé à manger par terre et les douches froides, c'était un jeu entre nous. On coupait les plombs chacun notre tour pour faire une blague », explique-t-elle. Me Lauvaux, conseil de Pascal, confirme que les faits sont graves, mais que l'avenir s'annonce meilleur. S'il concède qu'une peine avec sursis probatoire serait une juste sanction, il estime en revanche que la qualification de traitements inhumains n'est pas rencontrée. « Je leur souhaite d'être soulagés et d'aller de l'avant », conclut Me Lauvaux avant que son client n'aie le mot de la fin : « je ne peux rien faire d'autre que bien m'occuper d'elle ». Jugement le 6 octobre.