Charleroi-Centre L’Horeca et l’alimentation offrent une voie de reconversion appréciée des usagers.

Quelles attentes pour la rue de la Montagne à Charleroi, en termes d’animation et de redéploiement commercial ? La question a été posée cet été dans une enquête pilotée par l’AMCV, l’association de management de centre-ville, à la demande de l’échevinat du Commerce. En l’espace de six semaines, plus de 2.000 personnes y ont participé.

L’analyse des réponses a permis de dégager des pistes pour l’avenir : si la Montagne reste un axe de circulation piétonne privilégié pour rejoindre la Ville Basse, 36 % de ses usagers y flânent, s’y assoient, y mangent et y boivent. Quatre sur dix considèrent l’endroit comme agréable, malgré la fermeture de 70 % des rez commerciaux. Ils sont près de trois quarts à considérer que l’Horeca est un secteur porteur pour la redynamisation de l’artère, avant les boutiques de créateurs et de designers mais aussi les magasins d’alimentation artisanale.

L’échevin Philippe Van Cauwenberghe (PS) suggère de s’inspirer du modèle de la rue de Marcinelle, avec la création du Pop up store (le premier espace partagé de commerçants créateurs), pour revitaliser la zone, appréciée pour sa convivialité malgré un sentiment d’insécurité lié à la disparition de nombreuses boutiques.

Quelles animations les répondants à l’enquête préconisent-ils d’y organiser ? Ils se prononcent en majorité pour un événement culturel ou un festival de la gastronomie avec des dégustations. Dans deux tiers des cas, les répondants sont jeunes, ils sont âgés de 15 à 24 ans (22,2 %) ou de la tranche 25-39 ans (43,8 %). Près de la moitié vivent à Charleroi ou dans un rayon de cinq kilomètres.

C’est à partir de ces éléments que l’échevinat va préparer des scénarios pour l’avenir. "Jamais une étude de ce type n’avait encore été menée", confie Philippe Van Cau. "Nous voulions interroger leurs usagers sur leurs attentes afin d’orienter nos choix politiques. Et cela a permis de partir à la rencontre de plusieurs propriétaires immobiliers afin de nouer un dialogue."

Une nouvelle disposition a été adoptée par le conseil communal : elle vise à exonérer les propriétaires du paiement de la taxe sur les immeubles inoccupés dès le moment où ils mettent en place une vitrophanie, c’est-à-dire un film autocollant destiné à être apposé sur une vitrine pour être vu de l’extérieur. Et supprimer le sentiment anxiogène lié à l’abandon des immeubles. "Ce sera dès l’exercice 2018", dit Van Cau.