Charleroi-Centre

Les neveux de la victime estiment que 35.000 euros ont été détournés.

Fernande avait 82 ans lorsqu'elle est entrée au home de Waudrez. N'ayant plus vraiment d'aisances pour se déplacer, elle a confié sa carte bancaire, avec procuration, à Huguette, la directrice de l'établissement qui se chargeait d'effectuer quelques petites courses : dentifrice, pantoufles, biscuits, etc. Au fil des années, c'est finalement Rudi, le fils d'Huguette qui a récupéré la carte pour procéder aux dépenses.

Mais lorsque la résidence a été englobée par une structure plus importante et qu'un nouveau directeur a pris ses fonctions, ce dernier a constaté quelques anomalies dans les comptes de Fernande. Une enquête a donc été lancée.

L'un des trois neveux de la victime a été nommé administrateur provisoire et a demandé des explications à l'ex-directrice. « Nous n'avons pas eu de réponse. On a dû éplucher les comptes nous-même pour découvrir qu'il manquait 34.726,77 euros », explique Me Fayt, conseil des neveux. Et à l'avocate d'énumérer les dépenses suspectes réalisées avec la carte de Fernande, comme de la nourriture pour chevaux ou du carburant, alors qu'elle n'avait pas de voiture. Pour le substitut Dufrasnes, cela ne fait aucun doute : il y a bien eu abus de confiance et fraude informatique. C'est donc une peine de 12 mois de prison qu'a requis le parquet.

Ce jeudi, ni Huguette, ni Rudi n'étaient présents à l'audience pour se défendre : la première a 85 ans et est sous certificat. Le second mariait sa fille... Leur avocate, Me Martines, a toutefois plaidé leur acquittement, estimant que ses clients avaient dépensé l'argent de Fernande à son profit, en lui achetant un lit médicalisé, une télévision ou des cadeaux qu'elle offrait à ses proches. « Peut-être y a-t-il eu des erreurs, qui ont sans doute été remboursées comme ces pleins d'essence. Ils géraient les comptes mais n'avaient pas d'obligation de garder les factures. Fernande était régulièrement mise au courant de sa situation financière par Huguette, mais elle n'a jamais protesté ». Jugement le 8 octobre.