Charleroi-Centre

Le tracé E420-N5 provoquera diverses incidences environnementales.Les habitants veulent être protégé des nuisances probables.

Le projet de l’autoroute E420-N5 provoque le mécontentement des habitants de la région de Charleroi, Châtelet, Gerpinnes, Ham-sur-Heure et Walcourt. En effet, certains quartiers ne souhaitent pas vivre à côté d’une autoroute ou même de voir leur maison démolie.

En effet, l’aménagement de cette nouvelle infrastructure de communication routière va impliquer le risque d’expropriation pour des parcelles bâties et non bâties. Si l’autoroute essaye de passer un maximum au milieu des champs, malheureusement elle traversera également des bâtiments. Cela implique donc la démolition de ceux-ci. Au total, le tracé provoquera la démolition de 80 maisons, 12 bâtiments commerciaux, un hall omnisports, un espace communautaire, une ferme et quelques bâtiments agricoles, granges ou garages. En chiffre, cela donne 27 expropriations sur le tronçon 1, 5 sur le tronçon 1 bis. Seulement 6 démolitions sur le tronçon 2, 26 sur le n°3 et 37 sur le dernier tronçon.

Seulement 6 bâtiments seront démolis à Nalinnes, "ça ne veut pas dire qu’on est le moins impacté. Parfois, il vaut mieux que l’autoroute passe dessus qu’à côté. On est moins impacté en termes d’expropriation mais on l’est autant au niveau des gens qui devront habiter à côté", explique le bourgmestre d’Ham-sur-Heure Nalinnes, Yves Binon (MR). Ce serait un gros inconvénient pour les habitants qui étaient habitués de vivre à la compagne, ils auront à présent une autoroute à côté de chez eux. Mais pour les personnes qui travaillent en ville, ils pourront alors aller au travail plus rapidement.

L’étude d’incidence affirme qu’il y aura des incidences importantes sur l’environnement : modification du paysage et de l’environnement sonore, pollutions atmosphériques à proximité de l’infrastructure, fragmentation du réseau écologique, etc. Cependant, des choses sont mises en place pour diminuer certaines nuisances, comme un tunnel, une autoroute semi-enterrée et d’autres.


Les commerces risquent d'être oubliés

Si le principal avantage est sans doute la diminution du trafic sur la N5, cela provoquera également différents problèmes. L’étude d’incidence de l’avant-projet explique que l’un des inconvénients de la baisse du trafic de la N5 provoquera alors une baisse de la fréquentation des commerces longeant celle-ci. En effet, si il y a moins de passages sur la route, il y aura donc moins de passages dans les commerces. "Oui, les commerces risquent de perdre des clients. Il y aura moins de voitures qui passeront par la N5, et donc les magasins seront oubliés", explique Yves Binon (MR), le bourgmestre d’Ham-sur-Heure Nalinnes. Mais les clients de ces commerces sont des habitants de la région, ou des voitures de passage ? Cette conséquence ne pourra être confirmée que lorsque le projet sera exécuté.


Le tracé ne convient pas aux habitants

Des habitants se lancent dans une bataille pour des changements sur le tracé de l’autoroute.

Les comités de défense de quartiers ont été nombreux à se former dans le but de se battre contre cette nouvelle autoroute. Si certains quartiers n’ont pas eu de changements sur le nouveau tracé, d’autres ont réussi.

C’est notamment le cas de la commune d’Ham-sur-Heure. "Nous avions donné un avis négatif en 2001, à l’époque le tracé traversait Nalinnes-centre, Nalinnes-Haies, etc. Nous avons alors réfléchi et nous avons donné aux ministres les choses que l’on voulait voir apparaître ou disparaître", raconte le bourgmestre Yves Binon (MR). Ils vont à présent examiner l’avant-projet. S’ils ont tenu compte de leurs remarques, ils donneront un avis favorable, au cas contraire, ils le noteront dans l’avis d’enquête. "On n’a pas le choix, cette autoroute devra se faire, mais on veut protéger un maximum les citoyens contre les nuisances probables."

À Loverval , l’objectif est le même pour l’assemblée de Quartier-Try d’Haies, Chéniat-Ferrée. Ils souhaitent également se battre pour recevoir une protection maximale dans le projet de l’autoroute EN. "La N5 est bouchée tout le temps, nous subissons le trafic dans nos quartiers. On ne s’oppose donc pas au projet car nous pensons que l’autoroute doit être faite pour diminuer le trafic sur la N5. Mais nous voulons une totale protection", explique Letizia Corona, présidente de l’assemblée.

En effet, à Loverval, l’autoroute passerait près de nombreuses maisons, c’est l’un des tronçons les plus touchés par les nuisances sonores et paysagères. "On voudrait une tranchée couverte ou un tunnel. On veut une protection maximale et partout, pas seulement chez nous. Nous allons donc prendre position, tous les quartiers réunis de façon solidaire".