Charleroi-Centre Les déchets sont un enjeu de société, d’environnement… et ça coûte cher.

"Le meilleur déchet, c’est celui qui n’existe pas", assène Cyprien Devilers (MR), échevin de la Propreté à Charleroi. Et pour cause : avec 467 kilos de déchets par habitant et par an, la gestion est devenue un véritable enjeu de société. Mais comment réduire le tonnage colossal des déchets produits par les gens et les entreprises ? En les recyclant et en maximisant la réutilisation.

La Ressourcerie du Val de Sambre, créée par les pouvoirs publics, récupère par exemple de vieux meubles, et les 11 % qui sont en suffisamment bon état sont remis en vente dans le marché de la seconde main. "C’est l’endroit idéal pour meubler l’appartement d’un jeune", enchaîne l’échevin. "C’est moins cher que les grands magasins, et plus solide. C’est une des premières initiatives que j’ai prises en arrivant au collège, la création de la Ressourcerie : ça fait des déchets en moins à brûler ou recycler." Même chose avec les bulles à vêtement (lire plus bas).

Parce que traiter un peu moins de 500 kg de déchets produits chaque année par chaque carolo coûte 55 € à l’ICDI. "Si la réutilisation n’existait pas, ni le tri, ça ferait grimper la note de 20 €", détaille Olivier Bouchat de l’ICDI. Quasiment 40 % plus cher.

Le tri, c'est économique

Le tri joue un rôle important dans le traitement des déchets. Pas juste au niveau environnemental, mais aussi pour le portefeuille du citoyen : à Charleroi, c’est Fost Plus qui gère les "obligations de reprise", une taxe que paie le consommateur quand il achète quelque chose, pour son recyclage.

"Dans les ramassages, on prend à part les verres, les PMC et les cartons", continue Olivier Bouchat. "C’est 68 kg de déchets par an et par habitant qui sont entièrement remboursés par Fost Plus, puisque le consommateur a déjà payé pour la gestion de ces déchets à l’achat." Ne pas trier, c’est donc payer deux fois.

Mais c'est la population qui doit prendre les choses en main

Pour faire passer ce message, de l'importance du tri et du recyclage, Charleroi mise beaucoup sur la prévention. L’ICDI estime que sans prévention, il y aurait 10 % de déchets en plus.

"C’est pour cela que je me suis attaché à dépoussiérer les messages de sensibilisation, notamment via un partenariat avec Dupuis pour le personnage de Spirou", reprend Devilers. "Mais sensibiliser, c’est extrêmement compliqué : il faut que les gens entendent le message, mais aussi qu’ils se l’approprient. C’est pour ça qu’on mise beaucoup sur la sensibilisation des plus jeunes, qu’on a lancé des écoteam dans les administrations, et qu’on propose des formations aux adultes."

La prochaine étape ? Systématiser la mention de l’impact environnemental dans les décisions du conseil communal.

Solid'R: les vêtements peuvent avoir une seconde vie

Le label Solid’R a été lancé dans l’objectif de se différencier des opérateurs privés. "Beaucoup d’entreprises ont pris des noms à caractère social alors que ce ne le sont pas. Ce label, c’est pour dire aux gens que s’ils veulent donner pour une bonne cause, il faut vérifier que la société est labélisée afin d’avoir la certitude que les biens seront revalorisés."

Plus de 5.600 bulles à vêtements existent en Belgique et une centaine de boutiques de seconde main. Ces textiles sont collectés, triés, revendus ou recyclés par les acteurs de l’économie sociale. Les points de collectes permettent de récolter 50 % des vêtements dont les gens se débarrassent, c’est-à-dire 36.000 tonnes par an en Belgique. Et 85 % sont revalorisés.

Quatorze partenaires sont labélisés Solid’R : Ressourcerie Le Carré, Centre d’Entraide de Jette, De Bouche à Oreille, La Fol’Fouille Ressourcerie (L’Églantier), Les Petits Riens, Oxfam Magasins du Monde, Oxfam Solidarité, La Poudrière, Salvatoriaanse Hulpactie, Terre, Wereld Missie Hulp et Rezippons la Terre. Ce dernier se situe à Châtelet, de nombreux bénévoles y travaillent afin de réutiliser les textiles dont les habitants n’ont plus l’utilité.