Charleroi-Centre

Le tribunal correctionnel de Charleroi a condamné une jeune maman à 12 mois de prison avec sursis mercredi. 


Elle était soupçonnée de faits de torture sur son bébé, et plus particulièrement de lui avoir causé des brûlures sur 20% du corps. 

Si ces faits n'ont pu lui être attribués, la prévenue a été reconnue coupable de non-assistance à personne en danger. Elle avait en effet mis une dizaine de jours avant de se rendre à l'hôpital avec l'enfant. C'est l'IMTR de Loverval, un hôpital spécialisé dans le traitement des grands brûlés, qui a alerté les autorités en février 2014. Un enfant de deux ans avait en effet été admis avec de graves brûlures au dos, à tel point que ses jours étaient en danger. Dans son courrier, le personnel médical précisait que la mère était fuyante sur les causes des blessures et qu'il était sans doute nécessaire d'ouvrir une enquête.

Interrogée, Gwendoline P. (27 ans) a expliqué que ces brûlures avaient sans doute été causées par un radiateur sur lequel l'un de ses fils aînés avait poussé la jeune victime. Cependant, le médecin légiste estime que celles-ci ne sont pas compatibles avec un contact, mais bien avec des projections de liquide brûlant. "Or, les policiers ont remarqué que le pommeau de douche avait disparu et que l'eau provenant de ce robinet était extrêmement bouillante", a précisé la substitute Van Hollebeke lors de la dernière audience.

"Le médecin légiste a également constaté que ces brûlures dataient de 10 jours, période durant laquelle l'enfant a souffert le martyre. Quand je vois les photos, j'en ai les larmes aux yeux. C'est insupportable! Et la prévenue, elle, s'est contentée d'aller chercher de la Flamazine à la pharmacie."

Le parquet a également relevé l'état lamentable du foyer au sein duquel vivaient quatre enfants. "L'aîné ne pouvait même pas mâcher des céréales tant ses dents étaient couvertes de caries", a bondi la magistrate, signalant au passage que Gwendoline P. avait en revanche eu le temps de trouver deux compagnons en deux mois sur Internet. "Et justement, en ce qui concerne les tortures, je n'ai pas la certitude absolue que l'un de ces hommes n'est pas l'auteur des faits. En revanche, la pire des abstentions coupables est clairement établie dans le chef de la prévenue pour laquelle je requiers deux ans de prison."

Me Lepied, conseil de Gwendoline P., a effectivement plaidé le doute sur la responsabilité des brûlures dans le chef de sa cliente. Pour la non-assistance à personne en danger, l'avocate reconnaît que sa cliente a "traîné" à se rendre à l'hôpital, mais qu'il fallait tenir compte de ses carences intellectuelles et éducatives, ainsi que du fait qu'elle était dépassée par ses quatre enfants.

Mercredi, le tribunal a écarté les tortures dans le chef de la prévenue mais l'a condamnée à 12 mois de prison avec sursis pour non-assistance.​