Charleroi-Centre Nicolas demande une peine de travail pour cette expédition punitive contre un mineur.

Nicolas était informaticien et vivait dans la banlieue de Vienne, en Autriche. Lorsque sa mère est tombée gravement malade, il a tout plaqué pour revenir à Jumet afin d’être à son chevet. Mais à peine sur le territoire, l’homme de 28 ans s’est fait passer les menottes aux poignets et jeter dans les geôles de Jamioulx. La raison ? Une condamnation par défaut à 2 ans de prison ferme pour détention arbitraire d’un mineur, coups et possession d’arme illégale.

Nicolas ne nie pas avoir été impliqué dans un règlement de comptes orchestré par son frère Sébastien. En juin 2015, ce dernier avait eu maille à partir avec une bande de jeunes qui lui reprochait le vol d’un scooter. Sébastien avait mal pris la chose et décidé d’aller au contact, aidé par un comparse mineur. C’est ainsi qu’il a alpagué l’un des gamins et qu’il lui a filé quelques coups de matraque avant de le ramener chez lui. "Je reconnais l’avoir ligoté à une chaise, bâillonné et mis sur le balcon. Mais je ne l’ai pas frappé et je n’ai jamais eu le taser en mains", a déclaré Nicolas, impliqué dans la scène. Car la victime a bien reçu quelques décharges, y compris dans le cou. Selon Me Lebeau, qui défendait Nicolas devant le tribunal correctionnel de Charleroi, c’est le mineur qui a utilisé le taser, pas son client.

Du côté du parquet , la substitute Cottin affirme l’inverse et parle d’une décharge administrée par le prévenu. "C’était clairement une expédition punitive. Mais il faut qu’il comprenne qu’on ne se fait pas justice comme cela", a ajouté la magistrate tout en précisant que les "bourreaux" avaient libéré un bras de leur otage, afin qu’il puisse fumer. Et qu’au lieu de le maintenir en respect jusqu’au lendemain matin, ils ont préféré le relaxer.

Reste à sanctionner Nicolas. Pour Me Lebeau, une peine de travail ferait parfaitement l’affaire, d’autant que son client n’a pas de casier et qu’il ne veut qu’une chose : assister sa maman dans ses derniers instants. Le parquet ne s’est finalement pas opposé à cette mesure de faveur qui, il y a lieu de le croire, sera probablement accordée par le tribunal qui rendra son jugement le 19 décembre.