Charleroi-Centre Kévin n’a que 19 ans mais il peut déjà être considéré comme un prédateur sexuel.

Lorsqu’il était mineur, ce dernier avait déjà eu affaire à la justice pour des délits de cet ordre, ce qui l’avait amené à suivre une thérapie de groupe pour éviter le centre fermé. Son cas, visiblement inquiétant, aurait dû entraîner un suivi personnel. Mais une fois majeur, Kévin a renoncé à tout traitement.

Et il n’aura fallu que dix jours en tant qu’adulte pour sombrer à nouveau dans la perversité et faire cinq nouvelles victimes. "Facebook, Snapchat, Skype, Whatsapp : l’individu a jeté ses hameçons sur les différents réseaux sociaux pour pêcher ses victimes, à savoir des adolescents en recherche de leur identité sexuelle ou tout simplement mal dans leur peau, comme ils le sont souvent à cet âge-là", explique la substitute Stampaert qui poursuit Kévin D. devant le tribunal correctionnel pour viol d’un mineur, attentats à la pudeur et détention/diffusion de matériel pédopornographique. "Ce qui colore ce dossier, c’est qu’il a menacé chaque victime pour parvenir à ses fins, les obligeant à se dénuder devant la webcam et de pratiquer des actes sexuels."

Du haut de ses 13 ans , Fabian (prénom d’emprunt) s’est retrouvé piégé dans la toile du prédateur qui faisait état de ses "amis gardes de sécurité et de l’arme qu’il détenait chez lui." Poussé dans ses retranchements, le gamin a fini par accepter un rendez-vous sur un terril où Kévin l’a forcé à avoir des relations sexuelles non protégées. Ce n’est que le 1er août 2016, soit après six mois de "chasse" intense sur les réseaux sociaux, que le pervers a pu être identifié.

Par hasard, le papa de Fabian est tombé sur des conversations scabreuses, puis des vidéos éloquentes, mettant en scène son fils. L’enquête a démarré et Kévin D. a fini en prison. "J’ajoute qu’Interpol l’avait signalé pour son appartenance à un groupe Whatsapp espagnol permettant l’échange de matériel pédopornographique", a précisé le parquet qui a requis 5 ans de prison avec un sursis probatoire partiel.

Mes Mohymont, Eteve et Inglese, qui représentaient les victimes, ont rappelé les dégâts incommensurables sur ces ados. De son côté, Me Khoulalène a sollicité un sursis probatoire pour son client, immature et doté d’un QI de 72, qui est aujourd’hui en couple avec un compagnon adulte et s’est éloigné de la région et de ses victimes. Suffisant pour le tribunal ? Réponse le 9 octobre.