Charleroi-Centre

Ce samedi 9 septembre, la DH se pare de rayures et se met à l'heure carolo ! 14 pages spéciales dans son édition Charleroi afin de fêter la plus grande ville wallonne. Acteur politique, sportifs, artistique, du monde de l'entreprise... Tous témoigneront de ce processus de refondation qui se poursuit. Bonne lecture !

Eric Goffart: "Il faut aussi redonner envie aux gens d’habiter Charleroi"

La mobilité et l’état des routes font aussi partie des grands succès de Charleroi.

Après des années de déclin total, des nids-de-poule à faire hésiter les 4×4 les plus téméraires et des "pansements" qui défiguraient toute la ville, les routes sont en passe de redevenir une fierté pour Charleroi.

"Il y avait des voiries qui n’avaient pas été touchées depuis 20, 30, voire quasiment 40 ans, comme la rue Dourlet à Charleroi Nord ou les Grands Trieux à Monceau. Et en général, c’étaient des routes en pavés qui ont juste été bitumées à la va-vite", explique l’échevin des Travaux Éric Goffart après quelques recherches. Si les Carolos peuvent en avoir marre des travaux sans arrêt, force est de constater que la tactique mise en place à grands renforts de millions fonctionne. Près de 55 millions en 4 ans, avec une moyenne annuelle qui devrait s’établir "en vitesse de croisière" au-delà des 15 millions pour les années à venir.

Et ce n’est pas fini : "On va commencer deux chantiers lourds à la rue des Grands Trieux, justement. Ça démarre dans deux semaines, plus d’un demi-kilomètre pour 900.000 euros. Et les rues du Transvaal et Tienne Saint-Gilles à Couillet suivront, il s’agit de deux axes très importants pour Marcinelle et Couillet depuis le R3."

Si tant d’argent et de temps sont injectés sur le réseau routier, c’est non seulement qu’il en avait bien besoin, mais aussi parce que ça coûte moins cher d’entretenir que de refaire. "Si à l’avenir on refait la couche d’usure dès que nécessaire, il ne faudra plus relancer d’immenses travaux comme ces dernières années… mais on vient de loin !"

Ensuite, c’est aussi que les routes participent activement à l’attractivité de la ville. "Il faut aussi redonner envie aux gens d’habiter Charleroi. Et ce qu’on voit, c’est que dans les rues qu’on a refaites, les gens sablent ou repeignent leur façade, mettent des fleurs sur les balcons. Ça participe au renouveau." Très important pour l’échevin, dépasser le périmètre de l’intra-ring : "Toutes les anciennes communes, les quartiers, c’est là que les gens habitent, pas ou peu dans le centre-ville même. C’est important bien sûr, mais il faut aussi penser aux gens qui habitent ou habiteront à Charleroi. C’est comme ça qu’on fera revivre la ville, si les gens qui y sont ou qui y viennent se disent : ‘ah il est bien ce quartier, je pourrais y habiter.’"

© JC Guillaume

"Ce sont les jeunes qui font vivre la ville"

Charleroi bouge mais il y a encore du progrès à faire, pour le CEO de l’aéroport.

Jean-Jacques Cloquet, directeur de l’aéroport de Charleroi, est un personnage important dans le redressement de la ville. L’aéroport est un succes story et un atout majeur pour la ville.

Si Charleroi évolue grâce aux nouvelles constructions, aux rénovations des lieux emblématiques, Charleroi, ce n’est pas juste le centre-ville, c’est un ensemble. "Ça ne s’arrête pas à la ville, c’est un bassin de vie globale. On doit avoir des projets transversaux, et ça apporte du bien à tout le monde si on les réussit", explique-t-il. Même si le centre-ville de Charleroi est un lieu à rénover et à améliorer, il faut pouvoir changer les alentours également. C’est un ensemble sur lequel il faut travailler.

"Il faut continuer à avoir des projets. Ça doit être un puzzle, on doit retrouver de l’économique, du culturel, de la formation pour les jeunes", annonce Jean-Jacques Cloquet. Pour lui, les jeunes sont les éléments primordiaux dans l’évolution de Charleroi. "Ce sont les jeunes qui font vivre la ville. C’est eux qui vont venir habiter ici. On doit préparer le terrain pour qu’ils aient envie de rester et continuer ce sur quoi on travaille aujourd’hui." Pour que Charleroi évolue encore, il faudrait, d’après lui, une vie nocturne de 18 h à 23 h. Que ça bouge dans les rues et que le centre-ville soit plus dynamique.

Ramener les jeunes en ville, et travailler sur les arrondissements de Charleroi, ce sont les points importants à changer pour que Charleroi devienne la ville espérée par tous. Le directeur de l’aéroport parle également de la propreté de la ville qui n’est pas encore respectée comme elle le devrait. Si les changements se font sentir, il y a encore du chemin à réaliser. "On sent que les choses changent, il faut continuer", conclut-il.


L’aéroport, porte d’entrée touristique

L’atout majeur de Charleroi est qu’il est au centre de l’Europe : "En 2 h d’avion, tu peux aller partout", explique Jean-Jacques Cloquet. L’aéroport, c’est notamment une porte d’entrée pour visiter les lieux culturels de la région. "Il y a de belles choses à voir dans le Sud Hainaut : les lacs de l’Eau d’Heure, les villes aux alentours, etc. Il faut développer des attraits pour inciter et donner envie aux autres cultures de venir ici." Charleroi n’est pas seulement un lieu de départ, c’est aussi un lieu d’arrivée. Il y a 183 destinations à partir de Charleroi, donc 183 lieux qui connaissent cette ville.

© Orlandino

Jobs, argent, business : "des trucs de dingue"

Un plan économique est également en place pour redresser Charleroi.

Thomas Dermine a grandi à Charleroi, un vrai Carolo de cœur, c’est sûrement la raison pour laquelle lorsqu’on lui propose de participer pour coordonner les travaux du groupe d’experts Catch, il accepte directement. "Je voulais rendre à cette ville ce qu’elle m’a donné."

Le groupe Catch a comme objectif de faire un plan pour accélérer la croissance de l’emploi à Charleroi et recréer l’industrie de demain à Charleroi, un objectif sur dix ans. "Il y a un Charleroi qui gagne sportivement, culturellement, et un Charleroi qui gagne économiquement."

On parle très souvent des entreprises qui ferment, mais d’après lui, on ne parle pas assez de toutes ces entreprises qui font de l’emploi en grandissant. Ces dix dernières années, 11.000 emplois ont été créés. Il a une volonté pour eux, pour toutes les entreprises de créer une nouvelle dynamique à Charleroi. "On fait des trucs de dingue en économie ici. Par exemple, 50 % des composants électroniques des fusées sont faits à Marcinelle, il y a Alstom aussi, Sonaca, etc. C’est ça le Charleroi qui gagne", explique-t-il.

D’après Thomas Dermine, Charleroi a une localisation très belle et idéale pour attirer les gens ici, il y a une joie de vivre, une qualité de vie agréable, mais surtout des gens très qualifiés. Mais, d’après lui, le grand défaut c’est que les Carolos sont trop humbles : "Il faut qu’ils se rendent compte qu’ici on peut faire plein de choses."

Recréer de l’emploi, c’est la solution économique de Charleroi : "Pour cela, il faut que les villes prennent leurs responsabilités et se redressent pour la Wallonie entière."

Thomas Dermine explique simplement que : "Pour redresser Charleroi, le terreau est là, il y a déjà une nouvelle dynamique. Il faut voir l’avenir et que tout le monde y participe."


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