Charleroi-Centre

Cela faisait 10 ans que le procès de Châtelet durait.

Une affaire en justice opposait l'ancien directeur d'une école et une partie de la ville de Châtelet, dont le bourgmestre Vanderlick. Suite à un licenciement pour inscriptions fictives, le directeur attaquait la ville pour faux et harcèlement.

Dans son jugement, le tribunal a écarté toute intention de nuire, ni relevé aucun élément constitutif de faux, de calomnie ou de harcèlement dans le chef des prévenus. En définitive, le bourgmestre, l’échevine et les employés sont totalement blanchis. Seule l'ancienne secrétaire communale reçoit une déclaration de culpabilité pour violation du secret professionnel.

Ce jour-là, quelques larmes écrasées, deux ou trois tapes dans le dos, Daniel Vanderlick sort de la salle d’audience allégé d’un poids qui lui écrasait les épaules depuis bientôt dix ans.

Toujours aussi frileux avec une presse qui ne l’a pas épargné, le bourgmestre de Châtelet accepte brièvement de livrer son sentiment off the record.

"C’est un grand soulagement, soupire-t-il, les yeux embués de larmes. Le fait que la procédure ait duré si longtemps, alors que nous savions tous que nous n’avions rien à nous reprocher, c’est extrêmement difficile à supporter. Croyez-moi, depuis la fin des débats jusqu’au jugement, il m’a fallu quelques somnifères pour trouver le sommeil. Et avoir sa photo en grand dans le journal, à chaque étape du procès, ce n’était pas facile à avaler. Je vais enfin pouvoir passer à autre chose et me concentrer sur mes dossiers sans avoir cette pression sur les épaules."