Charleroi-Centre Selon une enquête, 95 % des usagers du centre-ville sont domiciliés dans l’entité

Quel est le public qui fréquente le centre-ville de Charleroi ? Pourquoi vient-il, par quel moyen de transport ? Comment améliorer ses attentes ? Ce sont quelques-unes des questions d’une enquête chalands réalisée par l’Association de Management de Centre Ville (AMCV) en octobre dernier, pour le compte de l’ASBL Charleroi Centre-ville. Ses résultats complètent ceux de l’étude menée auprès des usagers de Rive Gauche à la même période, soit du lundi 16 au samedi 21 octobre.

Elle a porté sur un échantillon de 387 répondants. Avec une marge d’erreur de 5 %, elle permet de dresser le portrait-robot du public cible et d’identifier ses préférences.

Pour la réaliser, cinq zones géographiques ont été déterminées : trois à la Ville-Basse (piétonnier de Dampremy et rue de Montigny, quartier de la rue du Collège et du passage de la Bourse et enfin boulevard Tirou), une à l’entreville (bas et haut Montagne) et une à la Ville-Haute (avenue Henin, rue Neuve, avenue de Waterloo).

Profil : ce sont des jeunes qui viennent dans l’intra-ring, six visiteurs sur dix sont âgés de moins de 40 ans. Ils y viennent en famille. Raisons ? Le commerce avec une préférence pour Rive Gauche, qui confirme son rôle de locomotive. Avec ses principales enseignes dont Primark qui attire 15 % des usagers, le shopping constitue le premier motif de déplacement : deux tiers des répondants viennent spécifiquement pour lui, 12 % pour le Galeria Inno et 6,3 % pour la librairie Molière.

Deuxième élément : Charleroi attire, et de très loin, une clientèle locale. Ainsi, 95 % des personnes questionnées sont domiciliés dans l’entité, pour seulement 5 % venus de communes proches de la périphérie, dont Châtelet et Courcelles. Cet indicateur semble confirmer que si Rive Gauche accueille des consommateurs plus éloignés, ces derniers sortent très peu du complexe commercial pour aller dans la ville.

Dans près de 38 % des cas, les usagers se déplacent en voiture, pour 30 % en transport en commun et 30 autres à pied. Ils sont 59 % à venir plusieurs fois par semaine, 10 % au moins une fois et 9 % tous les quinze jours.

Six clients sur dix dépensent moins de 50 euros

Président de l’ASBL Charleroi Centre-ville, l’échevin du Commerce Philippe Van Cauwenberghe (PS) est satisfait : "Ces données vont alimenter l’outil de gestion et la réflexion stratégique sur le développement commercial. Elles vont notamment orienter notre prospection de nouvelles enseignes : 4,9 % des répondants souhaitent voir arriver un KFC (plats fast-food à partir de poulet), 4 % estiment qu’il manque des artisans et 3,6 % dénoncent l’absence de commerce d’électroménager. Ils sont un peu moins de 3 % à estimer qu’un Starbucks aurait sa place dans le quartier."

Pour l’essentiel, les personnes qui viennent en centre-ville le font pour effectuer des achats (45 %), 31 % pour flâner en profitant de la proximité de leur domicile, lieu de travail ou école.

Parmi les répondants, 34,6 % sont fidèles au centre urbain et ne partent pas ailleurs, 36 % disent se rendre aussi à Ville 2, 15,8 % à City Nord et 10 % à la galerie du Cora de Châtelineau. Bruxelles est la première destination d’évasion commerciale : la capitale draine 15 % des répondants.

Les résultats apportent des indications précieuses sur le budget des usagers. Dans 59 % des cas, ils dépensent moins de 50 euros lors de leur passage, 28 % entre 50 et 100 euros et 12 % plus de cent euros.

Quelle est la durée moyenne du shopping ? Ils sont une minorité à venir en ville en coup de vent, c’est-à-dire moins d’une demi-heure : 18 % à peine (dont 12 % entre 15 et 30 minutes). Ceux qui consacrent entre une et deux heures à leurs courses constituent la majorité. Près d’un tiers passe plus de deux heures, 11 % plus de trois.