Des logements publics pillés et saccagés à Marchienne

D. A. Publié le - Mis à jour le

Charleroi-Centre

Des voleurs y ont démonté les chaudières et les ont emportées

CHARLEROI Un an après sa remise en état à grands frais, un immeuble de quatre logements publics de la rue Latérale, à Marchienne-au-Pont, reste désespérément vide. En cause : le pillage du bâtiment le rend... inhabitable. C’est le conseiller Jean-Claude Finet (MR) qui soulève le lièvre dans le dernier bulletin des questions écrites du conseil communal de Charleroi.

Il se demande pour quelles raisons cet immeuble retapé dans le cadre du plan Logement 2005-2008 du programme politique des grandes villes n’a toujours pas été mis en location. Et la réponse de l’échevin Tanzilli (CDH), en charge de la Régie foncière, ne manque pas de laisser l’observateur pantois : avant même de pouvoir accueillir des locataires, l’immeuble a été dévasté.

Des voleurs y ont démonté les chaudières et les ont emportées. Les lieux visités ont subi d’importantes détériorations. Montant des dégâts : 52.000 € hors TVA selon l’expertise réalisée. Comment a-t-on pu en arriver là ? De toute évidence, à cause de lenteurs administratives.

“Pour mettre le bien sur le marché, la Régie foncière, qui gère le patrimoine immobilier privé de la ville, doit disposer de certificats de performance énergétique”, dit Tanzilli, qui a hérité de la compétence lors du dernier remaniement du collège communal quand Massin est devenu bourgmestre. “En juillet 2011, le conseil communal de Charleroi a chargé l’intercommunale Igretec d’obtenir ces certificats pour l’ensemble des bâtiments à louer. Une convention a été passée le mois suivant, un planning a été défini dans la foulée et la visite en vue de l’obtention des certificats n’a été programmée qu’en décembre.”

Quatre mois, c’est très long. C’est durant cette période que le vol a été commis. Dans une région où des familles sont menacées d’expulsion pour surpeuplement, l’affaire ne manque pas d’irriter les associations pour le droit au logement. Car il n’est pas encore question de remettre le bâtiment en conformité. Le dossier a été transmis à l’assureur de la ville, qui doit encore fixer le montant de son intervention. Et c’est seulement alors que les réparations pourront intervenir.

Paul Trigalet, de Solidarités nouvelles, le déplore, même s’il note que la durée des procédures pour la construction ou la rénovation de bâti est d’abord imputable à la Région wallonne.



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