Charleroi-Centre Serge Regnier, papa d’une famille gigantesque, est décédé la semaine passée.

Triste nouvelle pour la famille la plus connue de Charleroi, voire de Belgique : les 31 enfants de Serge Regnier ont perdu leur père le 29 septembre dernier.

Serge, qui nous a quittés à 58 ans à peine, avait défrayé les gazettes belges et étrangères avec sa famille atypique. Avec sa compagne Christine, sa belle-sœur Carine et sa voisine et concubine Judith, ils avaient atteint l’incroyable nombre de 31 enfants… Et il était le fier papa de chacun d’entre eux.

Il avait fêté, fin 2015 à Marcinelle, la naissance de son trente-et-unième enfant, entouré de ses femmes, de ses autres fils et filles, et de ses petits-enfants. Il vivait alors avec à peu près 5.000 euros par mois, dont 4.000 d’allocations familiales et une rente de chômeur : il avait bien travaillé dans une usine, à Couvin, puis comme ouvrier communal dans la région de Charleroi, mais il ne se consacrait désormais plus qu’à sa famille - un vrai travail quotidien, même avec trois femmes. Et tout ce petit monde s’organisait chaque jour pour subvenir aux besoins de chacun, notamment en se levant dès 6 h du matin pour préparer le déjeuner et l’école, mais aussi pour faire la police dans la salle de bain familiale, évidemment très sollicitée.

Une famille heureuse, mais torturée : l’aîné déplorait les insultes et quolibets qui visaient ses frères et sœurs, alors que la famille ne faisait de mal à personne. Quand La DH avait rencontré ce ménage hors-norme en 2005, ses compagnes décrivaient Serge comme un homme "franc et droit, en qui on peut avoir confiance", et décrivaient leur carré amoureux comme "une relation sans aucune jalousie, où on s’entraide." Serge avouait alors " ne pas pouvoir envisager sa vie sans une ribambelle de bambins", venant lui-même d’une famille de dix enfants.

L’enterrement s’est tenu hier, et sur les réseaux sociaux, sa famille a exprimé un grand désarroi dans ce moment difficile. "Tu me manques déjà tellement, papa", écrivait une de ses filles. "La mort n’arrête pas l’amour."

La disparition de Serge va laisser un grand vide, dans sa famille bien entendu, comme on peut l’imaginer, mais aussi dans le cœur de tous les Carolos, pour qui la grande fratrie était devenue, à force, une part de leur histoire.