Charleroi-Centre Bourgmestre de la petite commune rurale de Les Bons Villers depuis un peu plus de dix ans, Emmanuel Wart (MR) est discret sur sa vie hors politique. Il a accepté d’accorder un entretien à la DH et de livrer un peu de son histoire personnelle.

Quel genre de vétérinaire êtes-vous ?

"La médecine vétérinaire est véritablement ma vocation. Je savais depuis tout petit ce que je voulais devenir. Mon père avait douze vaches dans sa petite ferme de Jumet, où j’ai grandi. J’avais à peine quatre ans et je voulais qu’il me réveille en plein milieu de la nuit pour que je puisse voir une césarienne. Je suis sorti diplômé à 23 ans et demi, avec un an d’avance, et j’ai lancé mon cabinet. C’est à ce moment-là, en 1980, que je me suis installé à Frasnes. J’étais alors un des plus jeunes vétérinaires installés en Belgique, et avec pas mal de boulot parce que je couvrais un territoire assez large. De Braine-l’Alleud et Ittre à Fontaine et Piéton, jusqu’à Perwez dans le Brabant wallon. Je me souviens que je devais m’arrêter sur le bord de la route pour dormir deux heures entre deux césariennes, parce que je sentais que sinon, j’allais finir dans le fossé. Mais sans doute à cause de cette passion pour mon métier, j’ai laissé ma famille de côté. Je me suis marié jeune, et j’ai divorcé jeune. J’ai deux enfants, un policier et une pharmacienne, et six petits-enfants. On s’entend très bien, mais on se voit très peu."

Un animal préféré ?

"Le cheval de trait. C’est le sommet de la force tranquille, j’en ai élevé et attelé, mais je n’en côtoie plus aujourd’hui. J’aime aussi les chiens, pour leur loyauté, notamment le Bouvier des Flandres qui peut mettre quelqu’un à terre avec ses 70 kg, mais protège aussi des petits enfants sans jamais être violent."

Et dans le temps libre ?

Je lis beaucoup. Pas des romans, mais tout ce qui est articles de fond sur la politique en général, sur la société, voir un peu les grandes options pour voir vers quoi le monde se dirige. Prendre le pouls de la politique, aussi. Et puis deux à quatre fois par an, on s’échappe pour un week-end nature. L’Alsace, la Bretagne, la Crète… C’est un dépaysement, ça permet de marcher ou nager un peu, de changer de registre. D’ailleurs, anecdote, presque à chaque fois que je pars, il se passe quelque chose dans la commune, et c’est quelqu’un d’autre qui doit être sur le grill. J’écoute aussi régulièrement des émissions de radio… en wallon. Ça m’amuse beaucoup, et je comprends tout bien sûr. Quand j’étais jeune, il y avait encore beaucoup de wallon parlé autour de moi."