Charleroi-Centre Après l’annonce d’une délocalisation, les travailleurs ont réagi

À Heppignies, le centre régional de distribution de Coca-Cola est resté bloqué ce mercredi. À l’appel de la FGTB secteur Horeca et alimentation, aucun camion de livraison n’a pu quitter le site. En cause : le projet de délocalisation de certains services centraux en Bulgarie, à Sofia. Selon Hugues Marquebreucq, délégué FGTB, la direction a annoncé voici trois semaines la suppression de 66 emplois en Belgique, dont 6 à Heppignies.

Parmi les travailleurs touchés par cette mesure, certains comptaient de longues périodes d’occupation, jusqu’à 30 ans de carrière. "Nous craignons que ce transfert d’activité n’amorce un démantèlement. Actuellement, ce sont nos chauffeurs qui assurent l’approvisionnement en direct des super et hypermarchés Carrefour et Delhaize. Les groupes Colruyt, Lidl et Aldi sont livrés via leurs centrales, ils recourent pour cela à des sous-traitants. Nous redoutons que cette pratique ne se généralise, ce qui détruirait une grosse partie des 94 emplois de notre siège du Hainaut."

© Albin

L’action est aussi un moyen d’expression pour les travailleurs à une incessante succession de restructurations : la 26e en quinze ans. Un préavis de grève a été déposé pour l’ensemble des sites belges. Pour le délégué, "le personnel en a marre des licenciements tous les deux ans, alors que l’entreprise réalise des bénéfices colossaux."

Le centre de distribution d’Heppignies dessert la Wallonie jusqu’à Liège et Bruxelles. "Nous ne livrons plus la région de Tournai qui l’est depuis la Flandre. En 2016, la multinationale Coca-Cola a encore engrangé de plantureux bénéfices, elle ne paie qu’un impôt réduit en Belgique. La délocalisation a pour seul objectif d’améliorer les marges et les profits. Nous refusons que ce soit sur le dos des travailleurs."

D.A.