Charleroi-Centre Un prêtre a négocié avec la forcenée avant que les forces spéciales donnent l’assaut.

C’est à l’aube, ce mardi, que des cris ont retenti dans une habitation de la rue Sainte-Anne à Farciennes. Une mère de famille, âgée d’une quarantaine d’années, venait d’avoir des mots avec son ex-compagnon qui, dit-elle, la harcelait depuis un certain temps, ce qui ne semble pas avoir été démontré à l’heure actuelle. Toujours est-il que ce dernier s’est inquiété de son état mental, d’autant que cette dernière avait sous sa garde son bambin de 2 ans.

La police locale de Châtelet-Aiseau-Farciennes a donc été avertie mais lorsque les inspecteurs ont tenté de contacter l’intéressée par téléphone, celle-ci n’a pas répondu. L’angoisse est encore montée d’un cran quand les pandores sont descendus sur place et ont été confrontés à une femme désorientée, tenant des propos délirants et visiblement encline à utiliser les couteaux de cuisine qu’elle avait à sa disposition pour attenter à sa vie et à celle de son enfant.

Vu la situation tendue, les forces spéciales ont été requises et, bien vite, le quartier a été bouclé par ces hommes en uniformes et cagoules. Un sniper s’est positionné dans la maison située juste en face, afin de se dégager un angle de tir en cas de "dérapage". "De longues négociations ont été entamées avec cette dame", explique le procureur du Roi du Hainaut, Pierre Magnien. "Un prêtre a même été appelé sur les lieux pour parlementer car, dans ses déclarations, elle évoquait satan et affirmait le redouter. Les négociations n’ont finalement pas été concluantes et vers 10h30, il a donc été décidé de donner l’assaut. Les forces spéciales ont immédiatement mis l’enfant à l’abri. Il est indemne et calme. Sa mère, en revanche, s’est légèrement blessée lors de l’intervention."

Le parquet a d’ores et déjà demandé au juge d’instruction de procéder à une expertise psychiatrique de la mère de famille. "Il faudra déterminer si elle était consciente de ses actes. En fonction de la réponse, elle sera dirigée soit vers les juridictions pénales, soit vers la défense sociale avec possibilité d’internement", conclut le procureur du Roi.

Les voisins ont été bloqués plusieurs heures

La rue Sainte-Anne est plutôt calme en temps normal. Les habitants ont donc été surpris lorsque plusieurs voitures de police ont débarqué hier matin. La rue a été bloquée et les voisins devaient attendre au bout de la rue avant de pouvoir rejoindre leur domicile. Une voisine aurait entendu les cris de la dame vers 7 h. Trente minutes avant, son mari la mettait en garde : "Il a vu le monsieur qui allait de gauche à droite au téléphone. Vu qu’on a déjà volé dans notre camionnette, on a fait attention, explique Layla. Ensuite des policiers sont arrivés et m’interdisaient de sortir mais je devais conduire les enfants à l’école. Ils ont vite mis les enfants dans la voiture et je suis partie. Ils ont été un peu choqués." En revenant, la voisine, et les autres habitants, ont dû attendre au bout de la rue qu’il n’y ait plus de danger. Lorsque la rue a été débloquée, les voisins se sont rapidement réfugiés dans leur maison.