Charleroi-Centre Une quarantaine de familles nomades sont arrivées à Couillet fin septembre.

Leur installation ne s’est pas faite à l’insu de la Ville, mais dans le cadre d’une organisation établie avec elle.

"Nous avions annoncé notre intention de passer à Charleroi" , explique le représentant de la communauté Manuel Charpentier. "La commune nous a présenté cette parcelle près du centre du permis de conduire. Dès notre approbation, elle l’a fait équiper en alimentation d’eau et d’électricité, avec un point de collecte des déchets."

Ils paient des charges sur les terrains occupés

L’occupation du terrain est soumise à des règles : séjour limité à un mois, paiement de charges pour les fournitures et le service des poubelles, respect du voisinage. "Pour apaiser les inquiétudes, nous avons invité les riverains à une soirée autour d’un barbecue sous chapiteau. Cette rencontre a permis de faire évoluer les regards discriminants. Je parle de ceux qui nous assimilent à des voleurs de poules ou d’enfants, qui pensent que nous vivons encore comme au temps des roulottes de nos grands-parents."


La méconnaissance fait naître la méfiance, les amalgames. "Car contrairement à ce que fait croire un fantasme social, nous vivons du revenu de notre travail. Certains sont commerçants ambulants, d’autres sont dans le secteur de la construction ou exercent un métier d’artisans."

Pas assez de terrains d'accueil

Le représentant des familles le déplore : "S’il existe 32 structures d’accueil équipées en Flandre, la Wallonie n’en dispose pas, ou alors de manière confidentielle. Les communes n’ont aucune obligation de nous recevoir, c’est laissé à la libre appréciation des bourgmestres. Et nous sommes très rarement les bienvenus quelque part. Je remercie Paul Magnette et son équipe de nous avoir tendu la main. L’expérience est enrichissante, elle va dans le sens de l’ouverture. Je tiens à rappeler que nous ne sommes pas des étrangers de passage. Même si nous n’avons pas de domicile fixe, nous sommes et nous nous sentons belges. Nous sommes ici chez nous."


Manuel Charpentier se porte garant pour les membres de son groupe : "Si l’un venait à commettre une infraction ou un délit, il serait prié de partir sur-le-champ. Je ne nie pas qu’il existe des gens déviants au sein de notre communauté, mais ni plus ni moins que chez les sédentaires."


Il en profite pour lancer un appel à l'aide : ses gens cherchent un terrain pour passer l'hiver.