Charleroi-Centre

René, un homme de 74 ans atteint d’un cancer, était jugé ce mardi par le tribunal correctionnel de Charleroi. On lui reprochait des faits abjects d’abus sexuels sur ses trois petites nièces.

C’est l’une des petites jumelles de neuf ans qui, pour la première fois, a parlé des faits à une copine de Julie (prénom d’emprunt), leur grande sœur de 14 ans.

Celle-ci a immédiatement compris que ses cadettes étaient, comme elle, victimes de leur oncle pervers, ce qui a entraîné le dévoilement du scandale, les doutes des parents et finalement, le déchirement d’une famille.

Les manœuvres perverses que le septuagénaire a mis en œuvre pour parvenir à ses fins sont particulièrement glauques : on sait ainsi qu’il se glissait dans la salle de bains pour satisfaire ses pulsions, qu’il s’adonnait au jeu de la "cocotte sexuelle" avec des gages explicites à la clé et qu’il avait établi une liste de tarifs en fonction des faveurs sexuelles octroyées par les fillettes…

Selon Me Lonfils, conseil des parties civiles, les dégâts psychologiques encourus par ces petites filles sont incommensurables.

Julie est restée quatre jours à l’hôpital suite aux faits, avant d’être transférée dans un centre spécialisé, puis à Van Gogh. Toute la famille a d’ailleurs dû suivre une thérapie.

Le parquet avait d’ailleurs estimé les faits établis, y compris la pénétration digitale sur l’aînée, afin de requérir une peine de prison assortie d’un sursis. Et ce, en rappelant que René était aussi poursuivi pour la détention de trois vidéos pédopornographiques.

De son côté, Me Delforge, conseil du septuagénaire, n’avait pas nié le viol sur Julie mais émis des doutes sur les dires des jumelles qui, dans un tel contexte, ont pu s’identifier à leur grande sœur. De même, affirmait l’avocat, les "jeux" ont été suscités par les enfants. "Ce qui n’enlève rien au fait que mon client aurait dû stopper tout immédiatement", a-t-il ajouté.

Ce mardi, le tribunal acquitté René pour des abus sur l’une de ses nièces. Pour le reste, il écope de cinq ans de prison avec sursis probatoire pour ce qui excède la première année de détention.