Il traîne sa femme par les cheveux

F. D. Publié le - Mis à jour le

Charleroi-Centre

Fatih a déclaré avoir battu son épouse “pour l’éduquer

CHARLEROI Fatih a fait profil bas, vendredi dernier, à l’heure de comparaître devant le tribunal correctionnel de Charleroi pour avoir battu son épouse. “Je jure, je ne le referai plus. Ce jour-là, je n’avais pas pris mes médicaments”, a-t-il pleurniché.

Sauf qu’à en croire les déclarations de sa femme, faites juste après les faits, cela fait bientôt neuf ans qu’elle subit les crises de rage de son mari.

“Ce n’est pas vrai, on a mal traduit mes propos”, a lancé cette dame toute menue, par l’intermédiaire d’un interprète. “Libérez mon mari. Je sais qu’au fond de lui, c’est un homme bon. Il ne recommencera plus. Et j’ai besoin de lui, c’est lui qui subvient à nos besoins.”

Furieux, le président gronde la jeune partie civile : “Ce que vous lui faites passer comme message, c’est “Vas-y, recommence”. Ce n’est pas comme ça que les choses vont s’arrêter”.

De son côté, le parquet a rappelé les deux scènes de ménage qui ont conduit Fatih en prison. En juin 2011, le prévenu s’est emporté sur sa femme lors d’une discussion sur la religion.

“Il l’a traînée par les cheveux jusqu’à la salle de bain et lui a porté des coups aux jambes”, a lancé la substitute Puissant. “Lorsque les enquêteurs l’ont interrogé, il a déclaré qu’il voulait éduquer sa femme et qu’il déplorait le fait qu’elle ose lui répondre en public. Selon sa conception archaïque du couple, son épouse n’a pas le droit d’avoir des envies d’émancipation et il préférerait la renvoyer dans sa famille en Turquie plutôt que de subir cet affront.”

Le Ministère public, qui constate que Fatih a déjà été pincé pour coups sur son fils, a requis un an de prison avec un sursis assorti de conditions comme l’obligation de suivre une formation contre la violence.

Me Ghislain, conseil de Fatih, a elle aussi sollicité une aide médicale pour son client, diagnostiqué comme maniaco-dépressif. “Ces déclarations ont été faites alors qu’il était à la limite du délire. Il n’avait pas pris son médicament. Cet homme a été élevé par un père qui le battait. Il fait tout pour ne pas reproduire ce schéma.”

Le jugement sera rendu le 31 juillet.



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